Collection passion : les timbres fiscaux

24 mai 2017

Hall of fame : Gilbert et Köhler

Une petite séance consacrée à la préparation de la mise en page de différents timbres fiscaux en ce dimanche après-midi. Au menu, tri, ordonnancement, examen des différentes pièces pour ne conserver que des exemplaires de premier choix (sauf exception dûment justifiée).

Me voici manipulant du bout de ma pince un exemplaire du n° A-33 des timbres de dimension (catalogue Yvert et Tellier 2016 des fiscaux page 61).

En examinant le recto, je me dis " Très bel exemplaire " :

Gilbert1064

 Dimension n° A-33

je passe alors au verso, stade ultime avant le grand bain destiné à faire disparaître les résidus de papier et autres charnières pouvant subsister à l'arrière du timbre, et là m'apparaît ceci :

Gilbert1063

Pendant une fraction de seconde, je pense que cette marque violette est celle d'un collectionneur, car certains collectionneurs avaient pris l'habitude à une époque d'apposer leur nom ou un signe distinctif sur leurs timbres.

Mais immédiatement, un sourire de satisfaction se fait jour sur mon visage. " Ah, ah  ! ". " C'est le premier timbre que je vois avec la marque de ces fiscalistes, génial ! ".

Heureux comme une poule qui aurait trouvé un couteau, je me suis mis à faire quelques recherches assez fructueuses dans l'ensemble que je vous invite à partager aujourd'hui.

Revenons un instant à notre timbre. Que lit-on au verso ?

Ceci : " KÕHLER - ILBERT et - 15, rue ", ce qui nous donne après décryptage : GILBERT ET KÕHLER - 15, rue de Turin - Paris. On note également la signature manuscrite G. Gilbert.

Qui sont GILBERT ET KÕHLER ?

Un article de la Revue française des collectionneurs de janvier 1905 va nous donner de précieuses informations :

Revue_française_des_collectionneurs___[

Revue_française_des_collectionneurs___[

Vous remarquerez, qu'outre les éléments donnés sur nos deux philatélistes, cet article nous apporte aussi de précieuses informations sur notre domaine de collection dénommé ici " fiscophilie ", terme qui n'est pas rentré dans l'usage puisqu'on parle aujourd'hui plus communément de philatélie fiscale pour désigner notre passion.

Ultérieurement, l'affaire a changé d'adresse pour s'installer au 51, rue Peletier, où nos marchands font commerce de timbres-poste et fiscaux :

Gilbert 3

Remarque : le nom KÖHLER est ici orthographié différemment : KŒHLER.

Prenons connaissance maintenant d'informations complémentaires sur nos deux marchands.

Gérard GILBERT :

Quelques éléments nous sont donnés par l'Académie de philatélie, dont il fut membre :

Acad Gilbert

Après le départ de son associé, il reste seul aux commandes de l'adresse de la rue Peletier, comme le confirme cette annonce alléchante de 1914 :

Gilbert 1

Mais c'est surtout pour son rôle d'expert lors des ventes de la collection Ferrari à Drouot, que Gérard GILBERT est resté dans la mémoire des philatélistes :

Gilbert Le Gaulois

Henri KÖHLER: dénommé aussi Henri KŒHLER, Heinrich KŒLER ou encore Heinrich KOEHLER, était lui aussi membre de l'Académie de philatélie :

 

Kohler

 

C'est à partir de 1913 qu'il s'installe définitivement en Allemagne et créé sa propre maison qui existe toujours aujourd'hui. Des informations complémentaires sont disponibles en anglais et en allemand en cliquant sur le logo du site ci-dessous :

Logo

 

De leur collaboration vont naître différents ouvrages dont une liste nous est proposée par le site docs.philateliques.free.fr :

GILBERT G. - Catalogue de timbres fiscaux. 1ère partie : France et colonies. Société française de Timbrologie, Paris. Publié comme supplément à la Revue philatélique française

GILBERT G. et KOEHLER - Catalogue illustré de timbres fiscaux donnant la description de toutes les variétés de France et colonies, Tunisie, Alsace-Lorraine et Monaco. Imp. H. Douchet, Mericourt-Ribemont.

GILBERT G. et KOEHLER - Catalogue illustre de timbres fiscaux : Autriche-Hongrie, Croatie, Lombardie, Bosnie-Herzégovine, Liechtenstein. Paris. Publié comme supplément à la Revue philatélique français.

GILBERT G. et KOEHLER - Catalogue illustre des timbres fiscaux de Grande-Bretagne - Irlande--Ecosse ... avec les prix ... , 1906-1907. Imp. A. Lange, Paris.

GILBERT G. et KOEHLER - Catalogue illustré des timbres fiscaux de la Suisse. Cantons et municipalités. Paris. Publié comme supplément à la Revue philatélique française

N'ayant jamais eu l'occasion de prendre connaissance de ces ouvrages, c'est avec plaisir que je réparerais la chose si un de nos lecteurs avait la bienveillance de me faire savoir qu'il en possède un et qu'il est disposé à m'en adresser une copie numérique ou l'ouvrage papier (charge à moi de le numériser).

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21 mai 2017

Vente aux enchères de timbres fiscaux

La maison Pinon organise une vente aux enchères d'importance à la salle des ventes de la Ferté-Bernard, le 9 juin 2017.

Cette vente propose de nombreux lots de fiscaux, la plupart fort intéressants.

S'adresser directement à l'expert (jeanpaul.pinon@orange.fr) pour obtenir le catalogue de la vente (les lots concernés sont en pages 24 à 26).

Pinon

Les lots sont décrits avec soin, ils peuvent être consultés sur le site interencheres-live.com (lots 280 à 307)

Nous suivrons les résultats de cette vente avec attention.

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16 mai 2017

1918 : le complément de timbre a été acquitté

A la suite de l'augmentation des tarifs de dimension, les timbres mobiles ont été revêtus d'une surcharge réglementaire " TARIF PORTE à ... F.

Voici un exemple de cette surcharge sur la quotité à 3 F. :

66

Vous noterez que pour les timbres destinés à l'Algérie, ces surcharges ont été apposées en noir ainsi qu'il suit :

66 Algérie

Les hausses de tarifs des papiers timbrés étaient quant à elles matérialisées par un cachet circulaire portant la légende suivante : " Le complément de timbre a été acquitté ".

Ce cachet circulaire a également pu servir à titre exceptionnel pour les timbres mobiles dans deux cas de figure :

  • En étant apposé à côté du timbre mobile, en noir :

Complément1057

ou en violet :

Complément1058

  • ou directement sur le timbre mobile comme il l'a été pratiqué dans divers bureaux du Morbihan comme par exemple Auray, Napoléonville (aujourd'hui Pontivy) et Vannes :

Complément

Ces surcharges ont eu une durée de vie très courte, immédiatement après le 1er août 1918. On les connaît sur les valeurs à 50 centimes, 1 franc et 1 franc 50.

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21 avril 2017

Les n° 304 et 305 de la série unifiée : des timbres " difficiles "

Il n'est pas particulièrement compliqué de réunir diverses valeurs de la série unifiée sur fond orange des années 50 car la plupart de ces timbres ont été utilisés pour les tarifs du droit de dimension.

Toutefois, deux quotités s'avèrent difficiles à trouver : les n° 304 (600 francs) et 305 (660 francs).

Pour ces deux valeurs, il n'est pas question de tarifs de dimension mais des tarifs des visas de passeports prévus à l’article 967 ancien du CGI : " Art. 967. — Chaque visa de passeport étranger, dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an, donne lieu à la perception d'un droit de XX F, si le visa est valable pour l'aller et le retour, et de XX F, s'il n'est valable que pour la sortie.

1. La quotité à 600 francs a été imprimée en application du décret 57-727 du 27 juin 1957. La création de ce timbre a fait l'objet d'un arrêté publié au Journal Officiel :

Sans titre 1

Deux remarques en passant sur ce texte : l'Administration utilise le terme vignette pour parler d'un timbre et par ailleurs dans l'article 1er elle indique que ce timbre est conforme au modèle fixé par le décret du 11 septembre 1926, ce qui est inexact car ce décret renvoie à la série lignée alors qu'en 1957, il y a déjà plus de 20 ans que c'est le type étoilé qui est utilisé.

Voici une illustration de ce tarif à 600 francs :

Tarif 600 francs

Visa pour l'aller et le retour daté du 30 août 1957 pour une durée de 3 mois

et le timbre qui aurait pu être utilisé :

600 francs1047

N° 304 de la SFU (Fil. AT 55)

Une fois encore, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la nécessité de la mise en circulation d'une valeur spécifique à 600 francs alors que deux timbres de la valeur courante à 300 francs faisaient parfaitement l'affaire. 6 mois à peine après l'émission de cette figurine à 600 francs, patatras, changement de tarif pour passer à 660 francs !

Que faire de ces timbres devenus sans objet ? Les recycler comme on peut, par exemple sur ce passeport à 3200 francs :

600 francs1048

2. Venons-en maintenant à la quotité à 660 francs qui a été émise en application du décret 57-1333 du 28 décembre 1957.

Même chose que précédemment, un visa de passeport valable pour l'aller et le retour :

 Tarif 660 france

 Visa pour l'aller et le retour daté du 30 janvier 1958 pour une durée de 3 mois

et le timbre proprement dit :

660 francs

N° 305 de la SFU (Fil. AT 57)

Ici encore une utilisation spécifique et un tarif d'une durée limitée (2 ans) qui passe à 750 francs le 28 décembre 1959 expliquent la rareté de ce timbre. On remarquera au passage que le 305 présenté ci-dessus est annulé avec un cachet d'entreprise ce qui démontre qu'il a été utilisé en dehors des visas de passeports.

En conclusion : les 304 et 305 sont des timbres rares et leur cote au catalogue me semble parfaitement justifiée.

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08 mars 2017

Gare aux effets de commerce 301 à 303

Voici un extrait d'une page d'album qui au départ présente bien mais qui, à l'arrivée, va s'avérer tout simplement sans valeur.

301 à 303

En effet, si je me précipite goulûment sur mon catalogue fiscal, je constate que plusieurs de ces timbres d'effets de commerce de la série non-dentelée bénéficient d'une cote substantielle (et nettement surévaluée à mon avis dans la dernière édition 2016) : 400 € pour le 35 centimes, 600 € pour le 40 centimes et 800 € pour le 45 centimes.

D'ailleurs, le collectionneur de l'époque avait repéré ces timbres puisqu'il avait annoté au crayon " 100 " en dessous du timbre à 45 centimes, " 100 " soit en francs  la valeur donnée au catalogue FORBIN de 1937.

Bref, ce petit lot proposé il y a quelque temps à un prix fort attractif sur internet a tout du " chopin " au premier abord.

Malheur à celui qui se précipite ! Un peu de bon sens et de patience ne sont pas inutiles ici.

De patience, il en faut un tout petit peu. En effet, en bas de la page du catalogue, il est indiqué ceci : " Les timbres n° 301 à 303, 308A ou 310A à 311K, non pourvus de larges marges de part et d'autre de leurs cadres, doivent être considérés comme étant des timbres dentelés n° 318 à 320, 326, 329 ou 331à 340 découpés. De ce fait, ils sont dépourvus de toute valeur ".

Du bon sens, c'est hélas souvent ce qui fait défaut.

Comme disait un ami de mes connaissances : " Dans la vie, ce qu'il te faut c'est : science, conscience, expérience et surtout bon sens " ; nombreux sont ceux qui oublient le dernier de ces préceptes.

Illustration avec la valeur à 45 centimes n° 320 du catalogue (cote 6 €) que voici :

320

Tchac, tchac, quelques coups de ciseaux et me voilà avec un fort bel exemplaire du n° 303 (cote 1 000 €) :

320 coupé

Vous remarquerez en passant que ce timbre truqué par mes soins a bien meilleure allure que les 301 à 303 présentés ci-dessus. Alors comment être sûr de l'authenticité des timbres en notre possession ?

Revenons à notre bon sens et éliminons d'emblée tous les timbres aux marges manifestement trop courtes.

Observons maintenant ces deux timbres  :

302 neuf

303

Qu'en pensez-vous ? Authentiques ou truqués ?

Pour ma part authentiques car les marges sont d'une dimension supérieures à celles des dentelés auxquels on aurait coupé les dents.

Mais on peut être affirmatif de manière définitive dans les deux cas ci-dessous :

302

N° 302 authentique (présence d'un voisin angle N-O)

302 bande

N° 302 authentiques (bande de trois)

Moralité de ces quelques minutes passées ensemble : le philatéliste toujours gardera patience et bon sens.

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07 février 2017

N'y voir que du bleu

A la suite de la découverte de faux fiscaux destinés à frauder le fisc au cours de l'année 1934, l'Administration a décidé la suppression des faciales à 200, 300, 400, 500 et 1 000 francs de la série lignée alors en cours. Cette décision a pris effet à compter du 15 février 1935. (Voir ici pour un complément sur ces faux)

Dans la précipitation, une nouvelle série au type Daussy étoilé a été mise en circulation de manière provisoire en 1935. Le document de greffe ci-dessous permet de constater que pour les valeurs en centimes et en francs, il est fait mention d'une série provisoire, imprimée sur papier blanc et d'une série définitive avec un papier mauve pour les valeurs en centimes et un fond rose pour celles en francs. (il convient également de préciser que les valeurs de ces séries provisoires sont imprimées sur un papier sans filigrane)

Greffe

Vous le constatez comme moi, seules les quotités de 10 francs et au-delà correspondent dès l'origine au timbre définitif.

Toutefois, cette dernière affirmation est à nuancer (dans tous les sens du terme).

En effet, outre l'utilisation du fond de sûreté étoilé et d'un filigrane, l'Atelier du timbre avait décidé que les différentes valeurs seraient imprimées sur un papier teinté dans la nuance du timbre respectivement : lilas sur mauve, rose sur rose et bleu sur bleu.

Il semble quasi-certain que dans la précipitation qui a prévalu lors de ce changement de type, tout n'était pas parfaitement au point et notamment la nuance bleue de la teinte utilisée pour les valeurs supérieures. En effet, examinons à titre d'exemple le n° 91, quotité à 15 francs sur papier bleu :

N° 910926

Emission dans la teinte d'origine AT 35

N° 910928

Emission dans la teinte d'origine

(encore plus foncée) AT 35

On constate, même si cela n'est pas spectaculaire à l'écran, que la teinte foncée rend difficilement lisible la faciale imprimée en rouge. Je vous invite à examiner les exemplaires en votre possession cela sera beaucoup plus net, vous constaterez qu'on y voit que du bleu.

C'est pourquoi, à compter du 21 mai 1935, l'Atelier du timbre à imprimé ces timbres sur un papier bleu d'une nuance plus claire comme dans le cas de l'exemplaire ci-dessous :

N° 910927

Emission avec encre plus claire AT 35

Nous retrouvons cette nuance claire sur ce bloc de quatre :

N° 910929

Remarque : il n'est pas certain que cette impression avec une encre plus claire ait concerné toutes les valeurs car le premier tirage de certaines quotités (je pense aux 12, 18 et 60 francs notamment) a vraisemblablement été suffisant pour répondre aux besoins.

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26 janvier 2017

Dimension n° 108 oblitéré

Vu ces jours-ci sur Ebay le timbre de dimension n° 108 avec filigrane AT37 oblitéré :

108 Filigrane AT37

Il s'agit du premier exemplaire que je rencontre oblitéré, car je pensais, et c'est aussi ce que dit le catalogue, que ce timbre était non-émis.

Le cachet d'annulation est peu lisible mais il semble qu'il s'agisse de la ville d'Auxerre en 1938.

Ce timbre est vraiment rare à l'état neuf (cote 700 €), oblitéré il l'est encore davantage. Il a été imprimé en 1937 (ce qui correspond au 37 de AT37, coin daté connu du 12/03/37)

Il me reste maintenant à étudier mes doubles oblitérés de ce timbre, car petite confidence entre nous, je n'avais jamais regardé s'il y avait un filigrane sur les timbres annulés en ma possession. Honte à moi, mais on n'y me reprendra plus.

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25 janvier 2017

Timbres fiscaux en francs sous la faciale et alors ?

Depuis quelque temps, j'ai remarqué que certains vendeurs de fiscaux sur Delcampe ou Ebay rendaient leurs annonces plus alléchantes en indiquant " timbres vendus sous la faciale ".

Nous allons voir qu'en réalité cette mention sous la faciale n'a aucun sens pour les timbres fiscaux.

Les philatélistes tout autant que nombre de particuliers ou professionnels savent que les timbres-poste en francs ont conservé leur pouvoir d'affranchissement, sous réserve de convertir les montants en francs indiqués sur les timbres en euros.

Encore faut-il veiller à ce que ces montants correspondent à des nouveaux francs et non pas à des anciens francs.

A ce sujet, je trouve particulièrement exaspérant de recevoir du courrier suite à quelques achats sur internet avec un affranchissement en anciens francs, passé comme une lettre à la poste selon l'expression consacrée, alors que j'ai réglé au vendeur des frais en euros sonnants et trébuchants.

Il m'est même arrivé de recevoir parfois du courrier avec des timbres au type Pétain, dont chacun sait qu'ils ne peuvent être utilisés sur le courrier car ils ont été démonétisés. (Consultez le site de nos amis de Phil-Ouest pour avoir la liste complète des timbres dont l'utilisation est prohibée). Le pompon est atteint lorsque mon correspondant m'indique dans son courrier " Je pense que cet affranchissement vous fera plaisir ". Plaisir ? Tu parles Charles !

Mais revenons à nos moutons. Les timbres-poste neufs en francs de la période moderne sont tellement surabondants qu'ils sont pour la quasi-totalité vendus sous la faciale avec une remise plus ou moins significative.

Je me suis laissé dire que dans certains cas cela pouvait correspondre à 50 % de la faciale. C'est bien regrettable pour nombre de collectionneurs ou leurs héritiers mais c'est ainsi et le malheur des uns fait le bonheur de ceux qui continuent à affranchir leur courrier avec des francs.

Concernant les timbres fiscaux, la situation n'est pas la même, loin s'en faut. En effet, l'Instruction n° 01-120-A-L8-E de la Direction générale de la comptabilité publique du 11 décembre 2001 précise que : " À compter du 1er janvier 2002, les timbres (timbres fiscaux, timbres-amendes et timbres OMI) libellés en franc n’auront plus cours. Ils seront remplacés par des quotités libellées en euro." [Instruction complétée par l'instruction n° 02-014-A-L8-E du 13 février 2002]

En conclusion, cette mention " vendu sous la faciale " n'a aucun intérêt dans le domaine de la philatélie fiscale. Tout au plus peut-elle abuser quelques amateurs un peu distraits mais qui après nous avoir lus le seront certainement un peu moins.

N° 491 bloc de 20

Un superbe bloc du n° 491 de la SFU vendu à 50 % de la faciale. Cela vous tente. Me contacter directement.

Naturellement, vous avez compris que je plaisantais !

 

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03 janvier 2017

Timbres des " Valeurs étrangères " sur document

Le catalogue nous indique que les timbres de valeurs étrangères ont été créés par la loi du 29 mars et le décret du 21 juin 1914 pour la perception de l'impôt sur le revenu des coupons de valeurs étrangères.

La série mise en circulation est au type " Médaillon de Tasset ". Elle comporte 36 quotités allant du 1 centime au 20 francs :

940 bis0865

La plupart des exemplaires rencontrés en collection portent une surcharge EPREUVE. Ces timbres, sans gomme, ont été décollés de documents de greffe comme celui figurant ci-dessous :

valeurs etrangeres

Les exemplaires neufs avec gomme surchargés ou non EPREUVE sont rares, quant aux oblitérés ils s'avèrent très rares. Attention toutefois si par hasard vous rencontriez un oblitéré ; ceux-ci ont été annulés à la plume ou au moyen d'un cachet administratif privé qui sont dans les deux cas très faciles à imiter. Voyez ce timbre annulé au composteur, l'annulation est certainement authentique mais personne ne pourra le démontrer :

940 bis0866

Pour qu'un timbre de valeurs étrangères oblitéré soit authentique, il faudrait a minima qu'il figure sur document. Or, à ma connaissance, aucun document revêtu de ces timbres n'a été rencontré à ce jour.

Petite précision cependant, aucun document timbré avec ces timbres dans leur contexte d'utilisation prévu par les services fiscaux n'a été rencontré convient-il de dire.

En effet, j'ai la bonne fortune de disposer de deux documents établis en 1920, en Haute-Saône, à la suite de la suppression de ces figurines.

Ces timbres de valeurs étrangères y ont été utilisés de manière " banalisée " comme timbres de quittance.

Le premier de ces documents présente la quotité à 50 centimes utilisée seule :

940 bis0867

L'interprétation de ce document ne pose pas de difficultés : ce 50 centimes correspond au tarif des quittances de la loi du 25 juin 1920 (50 centimes pour les sommes comprises entre 100 et 1000 francs) ici un montant de 342,40 francs. Annulation du 18 ? décembre 1920.

Le second document est d'interprétation plus délicate car les figurines de valeurs étrangères sont utilisées en combinaison :

940 bis0868

Ceci nous donne néanmoins : la paire de 5 centimes + le timbre de taxe sur les paiements à 40 centimes (le timbre de droite) soit 50 centimes (comme dans le cas précédent). Pour le surplus, 1,52 franc en timbres d'impôt sur le revenu soit 5 % du montant des intérêts perçus, non détaillés dans le décompte du notaire, mais que nous avons recalculé et arrêté à la somme de 30,40 francs. Annulation du 16 décembre 1920.

Ah, au fait, notre site timbres-fiscaux.fr attaque sa 7ème année. Alors bonne année à lui et à tous nos lecteurs et amis philatélistes !

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08 décembre 2016

Peigner la girafe

Cet après-midi, j'étais occupé à peigner la girafe, et pour tout dire, j'avais l'impression de perdre mon temps.

Je reprenais pour la Xième fois mes timbres d'affiches dentelés au type " Monnaie syracusaine" d'Oudiné sagement rangés dans un classeur d'attente en me demandant une fois encore comment les classer, car ces timbres sont un véritable calvaire tant les types sont nombreux, ce que ne reflète pas le catalogue qui se contente de lister un timbre-type par quotité.

Comment faire ? Cette question, je me l'étais posée de très nombreuses fois. Partir des nuances du fond, des nuances du papier, des dentelures diverses... Bref encore et encore un véritable casse-tête.

J'avais un peu avancé en distinguant des nuances caractéristiques du fond comme celles-ci :

Aff nuances

C'est alors que, dans le marasme ambiant, mon attention est attirée par un des timbres à 10 centimes qui me semble plus petit que les autres. Je le sors délicatement avec ma pince, et le promène furtivement sur les autres figurines de la page.

Pas de doute, il est bien plus petit. Tiens, en voici un autre, puis peu après un troisième.

Réveillé et enhardi par cette soudaine trouvaille, je passe aux autres quotités (à 5 et 20 centimes) et là, bingo ; les 2 autres valeurs existent également avec une taille plus réduite.

Voici le détail en image :

Aff taille def

Les timbres de taille réduite mesurent 36 mm (dentelure incluse) tandis que les timbres normaux mesurent 37,5 mm. Ces timbres de taille réduite sont rares, il n'y a aucun doute. Quant à donner une explication à cette variété ? Mystère.

Au final, je ne regrette pas d'avoir passé cette après-midi à peigner la girafe, car manipuler et manipuler des timbres pour découvrir une soudaine variété cela fait aussi partie du charme de la philatélie.

Bon, je vous laisse sur cette histoire de girafe et sur cette intéressante variété, car j'entends déjà certains dire au vu de cette découverte bouleversante : " J'en parlerai à mon cheval  ! "

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