Collection passion : les timbres fiscaux

19 juillet 2016

Les fiscaux d'affiches de 1924

La création de timbres mobiles pour affiches sans décimes additionnels fut prescrite par le décret du 15 Avril 1924 (article 22) en application de l'Article 7 de la loi du 22 Mars.

" Art. 22. — La série des timbres mobiles pour affiches sur papier ordinaire, imprimées ou manuscrites, comprendra des timbres à 15 centimes, 30 centimes, 45 centimes, 60 centimes, 90 centimes et 1 fr. 20.

Ces timbres seront conformes aux modèles annexés au présent décret. "

Specimens

Spécimens des timbres pour affiches de 1924

On notera qu'il existe deux nuances pour la quotité à 60 centimes :

AF 33

Orange

AF 33a

Jaune paille

Ces timbres ont été en usage pendant une courte durée. Ils se rencontrent peu fréquemment sur affiches, les valeurs à 90 centimes et à 1,20 franc étant même vraiment rares ainsi.

Détachés, à l'état oblitéré, ces timbres ne sont pas rares, à l'exception de la valeur à 1,20 franc qui avait été réintégrée à l'Atelier général par une circulaire du 1er décembre 1925.

En effet, ils ont servi de timbres fiscaux généraux en application de l'article 7 du décret du 9 juillet 1925 qui précisait que : " Les timbres mobiles des anciens types auxquels il est substitué un modèle unique pourront être provisoirement utilisés, sans distinction de catégorie, pour tous les droits et taxes visés à l'article 1er du présent décret, pourvu que la valeur indiquée sur les timbres apposés corresponde au montant de l'impôt exigible. "

Cette période est désignée sous le terme de " banalisation " en philatélie fiscale. On va alors rencontrer divers timbres supprimés sur des documents sans rapport avec le libellé du timbre. Pour s'en tenir aux affiches, on peut rencontrer ces timbres :

- sur des factures en lieu et place de timbres de quittances ;

- sur des effets de commerce en remplacement ou en complément de timbres ;

- sur des actes notariés ou copies d'exploits en complément ou en lieu et place des timbres de dimension.

Les documents ainsi timbrés ne présentent pas de caractère de rareté, mais retiennent l'attention du collectionneur par leur originalité.

AF 32 banalisation

Neufs, ces timbres d'affiches ne sont pas faciles à trouver, le 1,20 franc est même une rareté à l'état neuf.

AF 35

N° 35 neuf

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10 juillet 2016

Destination Sénégal

Destination le Sénégal avec une courte visite grâce au timbre de quittances n° 6.

Honneur à la capitale :

SNG Dakar

Dakar

SNG Gorée

Gorée

SNG Rufisque

Rufisque

SNG Saint Louis

Saint-Louis

Ce timbre de quittances est l'un des plus courants de France. Avec annulation du Sénégal, il mérite évidemment une nette plus-value.

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08 juillet 2016

L'art d'accommoder les restes

L'instruction n° 4319 de la direction générale de l'enregistrement, des domaines et du timbre en date du 7 septembre 1937 nous apporte des précisions sur un arrêté du Ministre des finances pris le 5 août 1937.

Extraits :

" I. Sont supprimées les quotités ci-après (Art. 1er de l’arrêté) :

Timbres mobiles : 0 fr. 36 ; 0 fr. 72 ; 1 fr. 08 ; 1 fr. 44 ; 2 fr. 16 et 2 fr. 88. [...]

Échange des timbres mobiles des quotités supprimées.

L'article 3 du décret du 5 août 1937 autorise les détenteurs de vignettes supprimées, ainsi que les distributeurs auxiliaires, à les échanger, contre des vignettes d'autres quotités.

L'échange, qui aura lieu sans frais pour les intéressés, devra, à peine de forclusion, être demandé avant le 1er janvier 1938. "

Que faire alors lorsqu'on est receveur de la commune de Fraize (88) et qu'on constate bien tardivement qu'il nous reste un certain nombre de ces timbres qui ont été supprimés et qu'on a laissé, pour d'obscures raisons, passer le délai prévu pour l'échange des quotités ?

Notre receveur Fraxinien se mit alors à faire comme faisait ma grand-mère, il s'exerça à l'art d'accommoder les restes.

Voici ce que fît notre maître-queux :

Fraize

Recette n° 1

Recette n° 1 : assemblez deux des figurines supprimées, les 72 centimes (n° 70 du catalogue) et 1,44 franc (n° 123) avec un 1 centime de la série lignée (n° 1) et un 3 centimes de la série étoilée (n° 55) et vous obtiendrez un ensemble de belle tenue d'un montant de 2,20 francs (tarif des quittances comprises entre 1 000 et 10 000 francs du 28 mai 1938).

Fraize bis

 Recette n° 2

Recette n° 2 : assemblez un 72 centimes (n° 70 du catalogue) avec un 3 centimes de la série étoilée (n° 55) et un 45 centimes de la série de 1936 (n° 110) vous obtiendrez un ensemble d'un montant de 1,20 franc (tarif des quittances comprises entre 100 et 1 000 francs du 12 novembre 1938).

Au final, nous voici avec deux quittances exceptionnelles ; grâce en soit rendue à ce percepteur !

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05 juillet 2016

France-Allemagne

Ce jeudi soir, demi-finale de l'Euro avec une affiche de rêve : France-Allemagne !

Opportunément, je viens de recevoir ce message de mon ami Wolfgang Morscheck : " Wer am Donnerstag das Halbfinale gewinnt ist egal, Hauptsache der Bessere gewinnt…. " (Peu importe qui gagne la demi-finale ce jeudi, l'essentiel est que le meilleur gagne...).

C'est vrai... d'autant plus si c'est la France qui gagne !

Il en profite pour me joindre différentes pièces hors du commun sur les timbres classés à la rubrique Permis militaires de Bade au catalogue Yvert.

Voici pour commencer un document exceptionnel :

réforme monétaire

Exceptionnel à plusieurs titres. D'emblée, ces timbres sont très rares sur document. Ici cerises sur le gâteau, voici une valeur de 1 Reichsmark non signalée au catalogue Yvert et Tellier. Qui plus est cette figurine est surchargée en diagonale D-MARK, suite à la réforme monétaire du 20 juin 1948, qui voit le Deutsche Mark remplacer le Reichsmark.

Dans le remarquable ouvrage consacré aux fiscaux de Bade,

Baden

Wolfgang liste davantage de timbres que le catalogue Yvert.

Voici les timbres mentionnés :

1. RM (Reichsmark) - faciale en blanc, contour dans la couleur du fond

0,25 RM rouge-orange

0,50 RM bleu foncé

Permis Bade ZF1

2. RM (Reichsmark) - faciale dans la couleur du fond

0,50 RM bleu foncé

1 RM vert

2 RM orange

5 RM violet

Permis Bade ZF3

3. RM (Reichsmark) - faciale en noir

10 RM brun-olive

20 RM bleu-noir

30 RM vert foncé

Permis Bade ZF5

DM (Deutsche Mark) - faciale dans la couleur du fond

1 DM vert

2 DM orange

Pour finir, voici quelques-uns de ces permis de circulation (document qui constate une autorisation de circuler valable pour un véhicule donné et non pour une personne ; il s'agit donc d'une taxation des véhicules et non des personnes comme c'est le cas pour les autres permis militaires émis à la même époque dans la Trizone) :

Carnet 1

Recto

Carnet 1 bis

Verso

Carnet 2

 

Carnet 3

Vielen dank Wolfgang, auf Donnerstag, à jeudi ! Et que le meilleur gagne !

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12 juin 2016

Deux projets d'Oudiné sortent de l'ombre

Deux projets d'Oudiné pour les effets de commerce viennent de sortir de l'ombre après presque 150 ans d'oubli.

Voici le premier de ces deux projets :

Oudiné 1

Cette maquette sur collodion, d'une grande finesse artistique, exalte l'Empire avec la présence de l'effigie laurée de Napoléon III surmontant une aigle impériale éployée.

Mais dans quel contexte cette maquette a-t-elle été réalisée ? Essayons d'y voir plus clair.

Eugène-André Oudiné,  fut le graveur de l’Atelier général du timbre de 1837 à 1887. C'est en cette qualité de graveur que l'Administration lui a demandé, vers le milieu de l'année 1870, d'étudier un nouveau type pour les timbres fiscaux d'effets de commerce.

En effet, l'emploi des timbres proportionnels, qui était réservé jusqu'alors aux effets de commerce venant de l'étranger ou des colonies, allait être étendu à ceux qui seraient créés en France.

Cette modification substantielle va être actée à l'article 6 de la loi du 27 juillet 1870 : " Le droit de timbre auquel sont assujettis les effets de commerce créés en France pourra être acquitté par l'apposition de timbres mobiles ".

Sur cette maquette, les mentions sont des plus lapidaires : " TIMBRE IMPERIAL - EFFETS DE COMMERCE ". Par ailleurs, contrairement aux timbres du type " Napoléon lauré " de Barre, la quotité et les montants de l'effet ne sont pas apposés en surimpression, mais sont intégrées dès l'origine au timbre : " 10. F. - 19000 a 20000.F ".

 

Oudiné réalisa une seconde maquette, datée et signée ce qui nous permet de confirmer de manière certaine le contexte de réalisation des deux projets présentés dans cet article.

Oudiné 2

Ce second projet diffère légèrement du projet précédent. Il est prévu que la quotité et les montants de l'effet "  10. F. - 19000 a 20000.F " soient apposés en surimpression rouge. Mais le travail de l'artiste porte ici essentiellement sur les mentions relatives à l'annulation du timbre.

On le sait, l'Administration se montrait particulièrement attentive à l'annulation des timbres fiscaux mobiles et plus encore à celle des timbres d'effets de commerce qui étaient apposés par les redevables et annulés par eux.

L'utilisation de timbres ayant déjà servi prenait un caractère quasi-obsessionnel. Dès l'origine du timbre mobile, l'article 3 du décret du 18 janvier 1860 indiquait les modalités d'annulation des timbres d'effets de commerce : " Le timbre mobile sera apposé sur les effets pour lesquels l'emploi en est autorisé, avant tout usage de ces effets en France […] après avoir apposé le timbre, [l'utilisateur] l'annulera immédiatement, en y inscrivant la date de l'apposition et sa signature ".

Manifestement, en dépit de rappels réguliers de l'Administration, certains redevables ne se conformaient pas toujours scrupuleusement à la réglementation.

Sur le second projet d'Oudiné, figurent la date " 15 juillet 1870 " (en toutes lettres, ce qui présente l'avantage de limiter les falsifications mais occupe beaucoup de place), la signature " Oudiné " mais également un élément supplémentaire, le lieu ici " a Versailles ".

Les modalités définitives d'annulation des timbres d'effets de commerce seront précisées ultérieurement à l'article 4 du décret du 19 février 1874 : " Art. 4. — Chaque timbre mobile est oblitéré au moment même de son apposition, savoir : par le souscripteur pour les effets créés en France [...]

L'oblitération consiste dans l'inscription à l'encre noire usuelle et à la place réservée à cet effet sur le timbre mobile :

1° Du lieu où l'oblitération est opérée ;

2° De la date (quantième mois et millésime) à laquelle elle est effectuée ;

3° De la signature, suivant les cas prévus en l'article précédent, du signataire de l'effet, de l'acceptation, de l'aval, de l'endossement ou de l'acquit. ".

Ces deux maquettes n'eurent pas de suite. On n'en connaît pas d'épreuves ni, a fortiori, d'essais qui auraient été gravés.

Pourquoi ces deux projets n'aboutirent pas à la réalisation de timbres fiscaux ? C'est fort simple, le 4 septembre 1870, à la suite de la défaite de Sedan, le Second Empire prenait fin. Il aurait alors été totalement incongru de mettre en circulation des timbres à l'effigie du régime déchu.

Tout n'était cependant pas perdu pour Oudiné, car c'est lui qui allait par la suite être à l'origine du type utilisé entre 1874 et 1885 pour les effets de commerce.

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07 juin 2016

" L'andouille " de Vire

Les timbres humides, dits aussi timbres fixes ne portent en principe pas de cachet d'annulation. Ces timbres perdent leur valeur libératoire lors de la rédaction du support sur lequel ils sont apposés et n'ont donc pas, à la différence des timbres fiscaux mobiles, à être annulé.

Toutefois, dans le cas des timbres humides des affiches, des papiers-musique, des avis et annonces et des journaux, il était fréquent que l'impression typographique recouvre l'empreinte fiscale, ce qui ne constituait pas une annulation typographique à proprement parler mais était consécutif au fait que l'impression intervenait sur un support préalablement timbré.

Timbre musique 3 centimes an X

Timbre des papiers-musique de l'an X

Il existe cependant un cas rare et relativement méconnu d'annulation postale sur les timbres humides de journaux.

En voici un exemple :

Grille

J'enfile à nouveau ma panoplie de Sherlock Bruno et vais essayer de décrypter et expliciter ce fragment coincé pour l'instant entre 2 pages de ma collection.

Premier indice : une date à la plume " juillet 1851 " ;

Deuxième indice : le timbre à gauche correspond à la griffe du timbrage à l'extraordinaire créée en application de la décision ministérielle du 19 février 1831. Elle présente l'avantage de nous renseigner sur le département d'origine, en l'occurrence le Calvados.

Troisième indice : " IRE " en caractères typographiques. Un petit tour sur le site internet des archives départementales du Calvados et hop voilà le résultat :

archives

Le journal concerné est donc le " Journal de Vire ". En compulsant les archives numérisées, je tombe sur la confirmation que j'attendais :

Capture

Intéressons-nous maintenant à l'annulation postale de notre timbre humide. Ce timbre fait partie d'une série mise en service en 1851 en application de la loi du 16 juillet 1850. Le voici :

2 centimes

Cette série présente une particularité qui mérite d'être relevée : ces timbres sont à la fois des timbres fiscaux et des marques postales de franchise.

L'article 15 de la loi précitée nous en précise la destination : " Le timbre servira d'affranchissement au profit des éditeurs de journaux et écrits, savoir :

Celui de cinq centimes pour le transport et la distribution sur tout le territoire de la République

Celui de deux centimes pour le transport des journaux et écrits périodiques dans l'intérieur du département (autre que ceux de la Seine et de Seine-et-Oise) où ils sont publiés, et des départements limitrophes.

Les journaux ou écrits seront transportés et distribués par le service ordinaire de l'administration des postes. "

Mais, par une mauvaise interprétation de l'article 17 de la même loi, le receveur de Vire et c'est de là que vient le titre de ce billet du jour, a annulé postalement ce timbre.

Que dit cet article 17 ? " L'affranchissement résultant du timbre ne sera valable, pour les journaux et écrits périodiques, que pour le jour, et pour le départ du lieu de leur publication.

Pour les autres écrits il ne sera également valable que pour un seul transport, et le timbre sera maculé au départ par les soins de l'administration. "

Effectivement, il est bien indiqué que " le timbre sera maculé au départ ", mais cela ne concerne que les écrits autres que périodiques.

Or, " Le journal de Vire " était un hebdomadaire, par conséquent un périodique. Il n'avait donc pas à être annulé.

Si on prend le temps de feuilleter les différents n° de ce journal on constatera d'ailleurs qu'au fil des semaines, ces timbres sont annulés ou pas. Ceci peut nous laisser penser que plusieurs personnes sont donc intervenues au cours de l'année 1851 au niveau de l'Administration. L'honneur est donc sauf, et notre " Andouille de Vire " restera donc à jamais non identifiée ; il peut en effet s'agir du receveur ou d'un de ses suppléants. Pour l'honneur de l'Administration, nous dirons qu'il s'agit d'un de ses suppléants moins au fait des subtilités de la réglementation.

Je possède également une autre quotité utilisée dans le même contexte :

 Grille0716

Ici, la quotité est de 2 ½ centimes et la date " juin 1851 ". Alors pourquoi ce tarif à 2 ½ centimes.

La réponse se trouve à l'article 14 de la loi du 16 juillet 1850 : " Tout roman-feuilleton publié dans un journal ou dans son supplément sera soumis à un timbre de un centime par numéro.

Ce droit ne sera que d'un demi-centime pour les journaux des départements autres que ceux de la Seine et de Seine-et-Oise. "

Ce qui nous donne donc : 2 centimes (article 15) + ½ centime (article 14) = 2 ½ centimes

Vérification :

Capture6

2 ½ centimes liés à la publication du feuilleton Carmen (en bas à gauche).

PS : la compréhension et l'interprétation de la réglementation relative aux timbres humides des affiches, des papiers-musique, des avis et annonces et des journaux est un véritable casse-tête. J'espère avoir été suffisamment clair, sinon je veux bien qu'on m'affuble moi aussi du titre d'andouille !

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14 mai 2016

Fiscaux locaux de Sierck

Partons quelques instants à la découverte de la commune de Sierck (aujourd'hui Sierck-les-Bains) en Moselle.

Voici le blason de la ville :

Sierck 1

son église de la Nativité :

Sierck 2

et le château des Ducs de Lorraine :

Sierck 3

Ces timbres ont été imprimés pendant la seconde guerre mondiale par l'imprimerie Conrad Müller de Leipzig comme l'atteste la bande ci-dessous :

Sierck bande

Le type " Blason " comporte 7 timbres, le type " Eglise " 3 timbres et enfin le type " Château " 2 timbres.

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02 mai 2016

1F08

La loi du 13 Aout 1926 (décret d'application le 15 Aout) prévoit:

un tarif de 36c pour les affiches de moins de 12,5 dm2

72c pour les affiches de 12,5 à 25 dm2

et 1F08 pour celles comprises entre 25 et 50 dm2

L'utilisation des timbres poste sur affiche est rare, on connaissait l'emploi d'un 2 centimes blanc pour faire 72 c avec un timbre SFU de 70c

Voici l'utilisation peu banale d'un bloc de quatre timbres au type Blanc à 2 centimes pour completer les 8 centimes qui manquaient à cet imprimeur 

Affiche de septembre 1926 correctement timbrée à 1F08

Affiche 1926 bloc de 4 Blanc

 

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30 avril 2016

Hall of fame : Henry FRADOIS

Fradois. Ce nom ne vous dit certainement rien, pourtant Henry FRADOIS est une des sommités de la philatélie fiscale.

Sommité, c'est le mot qui me vient immédiatement à l'esprit ; mais j'aurai pu tout autant dire : collectionneur de référence, érudit, pédagogue, inlassable défenseur de l’intérêt du timbre fiscal, marcophiliste avant l'heure, personnage attachant...

En faisant une rapide recherche sur internet je n'ai rien trouvé le concernant, si ce n'est la mention de son nom dans une référence bibliographique sur Wikipedia pour l’article consacré à la SFPF.

C'est bien peu comme références pour rédiger l'article que je vous propose aujourd'hui.

Qu'importe ! Lançons-nous.

Henry FRADOIS est né le 6 Novembre 1913 à COGNAC. Il mesurait 1,75 m, avait le front haut et les yeux noirs.

J'imagine qu'à cet instant précis, vous vous dites : " Il n'a rien à dire sur HENRY FRADOIS et il va nous exposer des informations invérifiables, blablater sans intérêt, faire du remplissage et au final nous raconter des boniments. "

Bref, " il invente " me direz-vous.

Vérifions à l'instant voulez-vous :

Fradois passeport0699

Passeport délivré à H. FRADOIS le 8 août 1932

Fradois passeport0701

NB : ce passeport m'a été offert il y a quelque temps par un ami que, par discrétion, je ne citerai par ici.

C'est assurément une des pièces majeures de ma collection.

Henry FRADOIS a contribué au revouveau de la philatélie fiscale en France. Voici ce qu'en disait YM DANAN dans le " Timbre fiscal " bulletin de l'association SFPF précitée. (n° 100 de décembre 2012) :

" Au cours de l'année 1980, divers membres français de l'American Revenue Association (ARA) décidèrent de rassembler les collectionneurs de timbres fiscaux de notre pays. [...]

A cet effet, ils contactèrent plusieurs collègues isolés, par des annonces dans la presse philatélique ou par des démarches au sein de l'Association « Arc en Ciel », dont certains membres avaient adjoint les timbres fiscaux à leurs collections de vignettes. Ils décidèrent alors de constituer une association. Celle-ci fut fondée par une assemblée constitutive du 4 avril 1981, sous le nom d'ARA-France, comme une branche de l'association américaine. La première décision de cette assemblée fut d’œuvrer pour réaliser un catalogue des fiscaux de France, qui manquait cruellement depuis 1937.

Un bureau fut par ailleurs élu. Son premier président fut Jean-Jacques Gallou, ingénieur à Polytechnique. Quant à Henri Janton, ancien membre de la Cour des Comptes, et contrôleur d'Etat, initialement pressenti, il s'était récusé, mais n'échappa pas à son élection comme président d'honneur. Avec lui Henri Fradois, Pharmacien Général des Armées, fut élu Vice-président, tandis que Roger Coudrin fut choisi comme Secrétaire-trésorier.

De leur coté, Joseph Coll, Henri Janton, le général Fradois et Me Paul Demeny, avocat, spécialistes aguerris de la collection des timbres fiscaux furent chargés de réaliser le catalogue. D'autres participants, comme Guy Venot, de l'Académie de Philatélie, spécialiste des colonies françaises, Maurice Lange, Fabrice Nathan, François Couturieux, Henri Géant, et quelques autres se contentèrent d'adhérer à la nouvelle association, et d'y échanger leurs connaissances avec leurs collègues plus ou moins avancés. Mais les effectifs de celle-ci ne dépassèrent pas, à l'origine, une vingtaine de membres."

Au-delà de sa participation significative au fonctionnement de cette association naissante, Henry FRADOIS a réalisé un certain nombre d'études fort documentées sur diverses catégories de timbres fiscaux. Ce travail a été publié au sein de l'association ARA France vers 1982-1983 en trois volumes :

Tome I : Timbres de Dimension ;

Tome II : Timbres de Rôles d’équipage, de Copies, de Connaissements, d'Affiches, de Récépissés de Chemins de Fer, d'Articles d'argent ;

Tome III : Timbres d'Effets de Commerce, de Quittances.

Depuis près de 30 ans, ces ouvrages me servent de référence quasi quotidienne et dois-je l'avouer, figurent en bonne place sur ma table de chevet.

Henry FRADOIS y étudie avec érudition les timbres fiscaux précités et s'appuie, pour chaque émission présentée, sur les références législatives et réglementaires ad hoc. Ses connaissances sont remarquables, sachant qu'à l'époque la philatélie fiscale demeurait confidentielle et qu'on ne disposait évidemment pas d'un accès à l'information aussi aisé qu'à l'ère d'internet.

Pour la réalisation de son travail et pour les illustrations de ses ouvrages, H. FRADOIS s'est beaucoup appuyé sur la collection d'un autre Henri, Henri JANTON, dont je vous ai parlé il y a quelques mois. Il a su également prendre l'attache d'autres collectionneurs notamment parmi ceux cités ci-dessus.

Au fil des pages, sa passion pour le timbre fiscal et ses qualités pédagogiques se révèlent évidentes, et c'est un plaisir renouvelé de se replonger dans la lecture de ses travaux. Au final, les études d'Henry FRADOIS constituent une référence inestimable et incontournable pour le collectionneur désireux d'approfondir ses connaissances.

Malheureusement, les outils bureautiques et de reprographie n'étaient pas ceux qu'ils sont aujourd'hui, ce qui fait que ces ouvrages dactylographiés à la machine à écrire ont mal vieilli sur la forme.

Il me paraît évident qu'une mise à jour du travail d'Henry FRADOIS, sur la forme à l'aide de l'ordinateur et sur le fond à l'aune des informations venues à notre connaissance depuis 30 ans serait le plus bel hommage qu'on pourrait lui rendre. Si personne ne s'y oppose, je me propose de réaliser ce travail.

Que dire de plus ?

Ah si : merci Henry, merci pour tout ce que vous m'avez apporté.

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17 avril 2016

Nouveau catalogue des fiscaux

Vous êtes certainement déjà au courant, mais je me permets de vous signaler qu'une nouvelle édition du catalogue Yvert et Tellier des fiscaux venait de paraître.

Je vous en souhaite bonne lecture.

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