Un peu de vocabulaire : papier GC
Voici un bloc de 20 des Retraites ouvrières et paysannes qui sort de l'ordinaire, une pièce d'amateur, du genre de celles que j'affectionne :
Au-delà de la dimension généreuse de ce bloc, deux éléments méritent de retenir notre attention.
- Tout d'abord, les initiales GC figurant dans la marge supérieure de la feuille :
GC pour Grande Consommation. Les papiers GC sont des papiers de médiocre qualité utilisés pendant la 1ère guerre mondiale et dans les années qui ont suivi. Ces papiers peuvent présenter différentes nuances : gris, gris-jaune ou chamois étant les plus fréquemment rencontrées.
- Ensuite, le chiffre 9 dans la deuxième rangée :
Ce chiffre 9 correspond au millésime, c'est-à-dire à l'unité du chiffre de l'année d'impression.
Dans notre cas, au vu des deux éléments étudiés : le papier et le millésime, nous pouvons donc affirmer que cette feuille a été imprimée en 1919.
Taxe piscicole : précurseur de 1942
La loi du 12 juillet 1941 met en place une taxe d'Etat de 10 francs sur les permis de pêche. Cette taxe annuelle à laquelle est désormais assujetti chaque pêcheur est payable à compter du 1er janvier 1942. Mais les vicissitudes liées à l'occupation font que les premiers timbres mobiles destinés au recouvrement de cette taxe n'apparaissent qu'en 1943 :
Dans l'attente de l'émission des timbres mobiles, les associations de pêcheurs ont été autorisées, par une circulaire du ministère de l'Agriculture, à percevoir cette taxe par leurs propres moyens.
C'est ainsi que sont apparues diverses vignettes d'initiative locale dont celle qui figure sur ce permis :
La voici en détail et dans un sens plus adapté au lecteur confortablement installé devant son écran :
On ne connaît aujourd'hui que peu de permis de cette année 1942, ces documents constituent donc des pièces de premier ordre pour les collectionneurs spécialisés dans le thème de la pêche.
NB : pour plus de précisions, se reporter au " Catalogue des timbres fiscaux et vignettes fédérales de pêche " déjà évoqué sur ce blog.
Série unifiée : la licorne
Nous avons précédemment évoqué les variétés de la série lignée. En voici une assez spectaculaire qui n'était pas signalée jusqu'à présent :
Avez-vous repéré cette variété ?
Indice : elle se situe dans le médaillon.
La voici en gros plan :
Il s'agit bien d'une variété constante, je l'ai également trouvée sur la valeur à 30 francs :
L'effigie de la République est affublée d'un superbe trait qui lui donne l'allure d'une licorne, nom que j'ai donné à cette variété constante dans mon album sur la Série Unifiée.
Quittances : quelques compléments sur la série de 1891-1892
J'ai découvert récemment deux essais de quittances, provenant de la collection Chalmandrier, qui ne sont pas signalés au catalogue Yvert et Tellier.
Voici le premier de ces essais :
Essai ligné dans la couleur
du 25 centimes
Il s'agit d'un essai dans la couleur du 25 centimes de la série de 1891. Cet essai présente un fond ligné, à la différence du timbre définitif qui présente lui un fond de losanges et de croix (dit plus tard fond étoilé sur la SFU de 1935). La signature Tasset figure dans l'angle SO du timbre alors qu'elle est à l'extérieur du dessin dans l'angle SE sur les essais et timbres définitifs.
Essai définitif du 10 centimes
Le second essai, au même type ligné, est réalisé dans la couleur du 20 centimes non émis.
Essai ligné dans la couleur
du 20 centimes
Je vous disais en préambule que ces essais ne sont pas signalés au catalogue Yvert et Tellier. C'est exact. Mais pour être objectif, je me dois de vous préciser qu'en page 101 de l'édition 2012 est reproduit le même essai ligné en bleu mais dentelé. Malheureusement, les rédacteurs du catalogue ont désigné cet essai sous le n° 12 a (25 centimes, sans valeur ni mention " Quittances "). Pour figurer effectivement sous le n° 12 a, ce timbre devrait présenter un fond de losanges et de croix.
Je profite également de ce billet consacré aux fiscaux de quittances de la série de 1891-1892 pour vous présenter une épreuve que je trouve magnifique à titre personnel, mais qui hélas a été découpée par Chalmandrier pour lui donner l'aspect de timbre et lui permettre de rentrer dans la case qu'il avait réalisée pour chacun des essais de cette série dans son album.
Epreuve en marron et bleu
du 10 centimes
Cette épreuve, d'une finesse remarquable, n'est pas non plus signalée au catalogue Yvert et Tellier. Toutefois, en page 105, est mentionné un essai à 10 centimes, brun et bleu, sur carton. Il ne s'agit pas à mon sens d'un essai mais bien d'une épreuve découpée.
L'histoire de ces essais de quittances au type Tasset pourrait s'arrêter là. Mais je ne résiste pas à la tentation de compléter mon propos pour montrer que Daussy, le graveur de l'Atelier du timbre qui a succédé à Tasset, a véritablement plagié son prédécesseur lorsqu'il a réalisé le timbre fiscal de la série unifiée.
Démonstration :
Lors de la création du timbre fiscal unique, Daussy utilisa un fond ligné :
Essai du fond ligné
L'origine de ce fond ligné ne semble guère faire de doute, il correspond au fond ligné créé par Tasset 34 ans plus tôt. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
En effet, que fit Daussy en 1935, lors du changement de type du timbre de la SFU ? Il proposa tout simplement un timbre au fond dit " Etoilé " mais constitué en réalité des losanges et des croix précédemment évoqués :
Epreuve au type Daussy sans faciale ni médaillon
Voici cette épreuve mais présentée à la verticale :
Qu'en dites-vous ? Ne pensez-vous pas que l'utilisation par Daussy des fonds lignés et losangés créés initialement par Tasset va au-delà d'une simple coïncidence ?
Pour ma part, en parodiant un slogan d'une pub célèbre en son temps, je serais tenté de dire que d'aussi beaux plagiats, c'est Daussy !
Entiers fiscaux d'effets de commerce : quelques pièces hors du commun
Les entiers fiscaux d'effets de commerce de la période classique se rencontrent nettement moins souvent que les entiers fiscaux de dimension.
Ceci s'explique facilement : les entiers d'effets de commerce sont des pièces commerciales dont la conservation en archive ne présente plus d'intérêt pour les entreprises après leur utilisation et ces pièces sont en principe détruites périodiquement. En revanche, les entiers fiscaux de dimension constatent fréquemment des droits aux profits de particuliers et sont conservés longtemps après leur rédaction par les ayants-droits ou leur famille.
Je vous présente aujourd'hui quatre entiers fiscaux que j'affectionne car ils sont revêtus de timbres de deux régimes politiques différents (Sic transit gloria mundi) : ceux du 1er Empire et ceux de la Restauration monarchique (Première ou Seconde restauration).
1. Coupon de la débite de l'Empire contretimbré par la griffe à l'Extraordinaire de la Restauration (sans date mais vraisemblablement de fin 1814) :
2. Coupon de la débite de la 1ère Restauration contretimbré par le timbre de Dimension à l'Extraordinaire de l'Empire (sans date, période des Cent Jours, entre le 22 mars et le 22 juin 1815) :
3. Coupon de la débite de l'Empire en rouge (papier rapatrié de Hollande suite aux revers militaires de l'Empire) contretimbré par le timbre d'effets de commerce à 1 franc de la Restauration. Document daté du 25 janvier 1816 :
4. Coupon de la débite de la 1ère Restauration contretimbré par le timbre de Dimension à l'Extraordinaire de l'Empire de la période des Cent Jours, avec contre marque d'augmentation de tarif de la Seconde Restauration. Document daté du 9 octobre 1816 :
Remarque : tous ces coupons de la débite (c'est-à-dire des papiers fournis par l'Administration) présentent un filigrane au type " Aigle "
Ces papiers timbrés provisoires sont rares et présentent un intérêt historique et philatélique évident. Les quatre documents présentés ci-dessus ne constituent qu'un aperçu des pièces qu'on peut rencontrer entre 1814 et 1816. A n'en pas douter, d'autres associations de timbres et de contretimbres existent dans cette période. N'hésitez pas à me le faire savoir ou, mieux encore, à me les proposer à l'échange ou à la vente pour ma collection.
Les réimpressions du type " Manteau Impérial "
Voici une copie d'écran d'un lot proposé il y a quelque temps par un célèbre marchand parisien (dont j'ai anonymé le nom sur l'image) sur le site Ebay :
Lot proposé à la vente à 150 € avec la description suivante : " Timbres fiscaux YT#9 bloc de 4 neuf sans gomme ".
Cette description est fausse. La véritable description serait la suivante : réimpression de 1909 en marron (ou brun la nuance est difficile à déterminer) du type " Manteau Imperial " n° 9 avec tête-bêche dans un bloc de 4.
Il est relativement fréquent que ces réimpressions soient proposées à la vente sous la dénomination d'essais ou même de timbre-type. Or, ces réimpressions ne présentent qu'un intérêt limité pour les collectionneurs sérieux et leur valeur au catalogue est faible, sans commune mesure avec celle des originaux.
Je vous propose donc de faire le point sur ces fameuses réimpressions, pour qu'une fois pour toutes il n'y ait plus de confusion possible.
De mystérieuses annulations sur la première série de dimension
De mystérieuses annulations sur la première série de dimension m'intriguent depuis pas mal de temps. Les voici :
Description : cachet linéaire frappé en bleu sur timbre de dimension 1A mentionnant une date, exemple " 10 juillet 1865 ".
Je possède les 4 timbres ci-dessus, avec les mois suivants : mars, avril, juin, juillet.
Qui connaîtrait d'autres dates ? Qui pourrait nous éclairer sur l'origine de ces annulations ?
Remerciements
En ce début 2013, je voulais remercier tous ceux qui m'ont, par leurs témoignages ou leur messages, encouragé dans la construction de ce blog.
Je tenais à remercier particulièrement J.J. Labonne pour son soutien permanent et pour les pièces fantastiques qu'il a eu la gentillesse de publier sur timbres-fiscaux.fr.
Chacun sait que la philatélie fiscale n'est pas la philatélie postale. Dans le domaine des timbres-poste, il suffit de taper les termes suivants : "timbres-poste" + philatélie sur Google pour voir apparaître 267 000 résultats. Si je fais de même en indiquant " timbres fiscaux " + philatélie, j'obtiens seulement 16 200 réponses, dont de nombreuses sans lien direct avec notre centre d'intérêt.
Je ne vous apprends rien, la philatélie fiscale est nettement plus confidentielle que la philatélie postale. Or précisément, ce qui fait souvent le plus défaut au collectionneur de timbres-fiscaux, c'est cet aspect confidentiel et la difficulté inhérente à cette confidentialité d'accès à l'information et aux références sur lesquelles s'appuyer pour progresser.
Timbres-fiscaux.fr contribue à mettre à la disposition du grand public un certain nombre d'informations. Mais pour que la philatélie fiscale se développe, il importe que les collectionneurs fassent vivre leur passion. Ce blog est à leur disposition, je l'ai déjà dit à de nombreuses reprises, je le redit encore tout en formulant le voeu, puisque c'est de circonstance, de pouvoir publier de nombreuses photos (et pourquoi pas des articles) en provenance de nos lecteurs.
Pour conclure, je suis particulièrement heureux d'avoir pu publier pour la première fois le 1 franc de Lille sur document grâce à l'obligeance de JJL. Depuis que je collectionne les fiscaux, j'ai entendu de nombreuses fois des collectionneurs évoquer ce timbre, je savais qu'il existait sur document car je connaissais son ancien possesseur. Toutefois, comme l'Arlésienne, on parlait fréquemment de ce document mais peu l'avaient vu. Désormais, il est mis à la portée de tous par magie d'internet.
Vente sur offres n° 103 de la maison Boule
La vente sur offres n° 103 de la maison Boule vient de s'achever. 25 lots d'épreuves et essais fiscaux y étaient proposés à des prix de départ attractifs.
De nombreux collectionneurs concentrent leurs recherches sur les timbres-types et ne s'intéressent pas particulièrement aux épreuves et essais. Pour ma part, j'aime bien agrémenter ma collection, ici ou là, de ce genre de pièces. J'ai d'ailleurs cédé à la tentation en entamant mes étrennes par l'acquisition du lot n° 897, désigné ainsi : " Dimension, Epreuve avec valeur 1 F 50, peu commun ".
Voici la chose :
Même si cette épreuve n'est pas parfaite, c'est la première que je rencontre sur cette émission au type " Chiffres " d'Oudiné. En effet, le catalogue Yvert et Tellier signale bien diverses épreuves (p. 64), mais celles-ci ne présentent que le cadre seul, sans la valeur faciale et la légende.
Les inscriptions définitives de la quotité à 1 F 50 sont nettement plus " travaillées " avec notamment une faciale ombrée :
Environ la moitié des lots fiscaux proposés ont trouvé preneur, certains pour des montants élevés, comme par exemple les essais " Etoile de Barre " en gris attribué pour 221 € et en bleu attribué pour 234 € (cotes respectives au catalogue : 90 € et 120 €)
Etoile de Barre lot 902
Les résultats de la vente sont mis en ligne sur le site de la maison Boule et, comme à l'accoutumée, les invendus sont disponibles au prix de départ.



























