Collection passion : les timbres fiscaux

02 juin 2019

Vente sur offres MARSANOUX n° 62 (Résultats)

Les résultats de la Vente sur offres MARSANOUX n° 62 dont nous avions parlé début mai sont publiés. Les invendus sont disponibles au prix de départ, profitez-en.

Parmi les lots vendus, j'ai relevé celui-ci, adjugé 202 €, ce qui est remarquable pour un entier fiscal :

Angouleme 1918

Description du lot par CH. Marsanoux : " 1818 EMPREINTE FISCALE AUX ARMES DU DUC D'ANGOULEME à BORDEAUX. Document des hypothèques daté de Bordeaux le 14/8/1818 avec les DEUX EMPREINTES FISCALES DE L'EMPIRE MACULEES + en haut DEUX EMPREINTES AUX ARMES DU DUC D'ANGOULEME '50 ct TIMBRE ORD.re' + '2/5 EN SUS Loi DE 1816' + CONTRE TIMBRE A L'EXTRAORDINAIRE DE LA RESTAURATION 'TIMBRE ROYAL 50 ct'. Louis XVIII permit au Duc d'Angoulëme d'utiliser à Bordeaux des empreintes fiscales à ses Armes pour le remercier de sa loyauté. Sous l'Empire il combattit Napoléon avec les Anglais. Durant les Cents Jours il leva une petite armée pour tenter d'arrëter Napoléon 1er. Rare. TB "

Sorti de ma collection pour marquer l'occasion, le même type de document mais plus précoce (pendant les Cent-jours, le 19 avril 1815) sans l'empreinte " 2/5 EN SUS Loi DE 1816 " :

Angouleme0604

Posté par cigulphe à 11:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 juin 2019

Au fait combien reviendrait en euros un " effets de commerce " de 10 frs ?

Dans un récent commentaire à mon article " Excessivement cher pour 5 francs ", Robert, un de nos fidèles lecteurs, me posait la question suivante : " Au fait combien reviendrait en euros un  " effets de commerce " de 10 frs ? "

Il est difficile de répondre précisément à cette question, tant les périodes sont éloignées. Par ailleurs la vie quotidienne sous le second Empire et la nôtre sont fort différentes.

En consultant différentes sources dont celle-ci, on peut considérer que le salaire d'un ouvrier se situait entre 3 et 4 francs par jour soit, sur la base de 10 heures de travail quotidien, un salaire horaire de 0,40 francs.

10 francs de 1870 correspondaient donc à 3 jours de travail.

Si on transpose ces 3 jours pour un ouvrier payé au SMIC en 2019, on trouve un montant de 240 €.

Mais il faut également s'intéresser aux prix en vigueur à chaque époque pour déterminer en appréhender le pouvoir d'achat.

J'ai relevé le prix de :

  1. la viande : 1,50 F / kg en 1870 (soit environ 4 heures de travail) aujourd'hui sur la base de 15 € le kg : 1,50 heure de travail.
  2. Lait 0,20 F le litre en 1870 (soit environ ½ heure de travail) aujourd'hui sur la base de 1 € le litre : seulement 6 minutes de travail.

  3. Oeufs : 1 F la douzaine en 1870 (soit environ 2,50 heures de travail) aujourd'hui sur la base de 3 € la douzaine : 20 minutes de travail.

Ces trois exemples montrent qu'il est pratiquement impossible de raisonner en termes de pouvoir d'achat, les écarts allant de 1 à 2,7 pour la viande, 1 à 5 pour le lait et 1 à 7,5 pour les oeufs.

La hausse considérable des gains de productivité dans le secteur agricole a permis de diminuer de manière très importante en valeur relative le prix des denrées alimentaires (la part consacrée à l'alimentation dans le budget des ménages français se situant aujourd'hui aux alentours de 15 % alors qu'en 1870 elle était largement supérieure à 50 %) ; la comparaison entre ces deux périodes, si elle peut nous donner quelques indications, ne me semble pas pertinente en l'état.

Prenons un exemple autre qu'alimentaire. Le prix d'une lettre était de 0,20 F (soit plus d'½ heure de travail), aujourd’hui 1 € soit seulement à 6 minutes (ici encore un écart de 1 à 5)

Reste à prendre en compte le cours de l'or : le Napoléon de 10 francs cote 120 € en mai 2019.

Au vu des éléments qui précèdent, il nous faut maintenant répondre à la question de Robert.

A cet instant je pense à Fernand Raynaud : " Combien de temps le fût du canon met-il pour se refroidir ? "

Vous connaissez la réponse : " Il met, il met un certain temps ".

Alors, à la question " Au fait combien reviendrait en euros un  " effets de commerce " de 10 frs ? " Je ne suis pas loin de répondre  " une certaine somme ".

Trêve de balivernes, je me lance : 10 francs de 1870 équivalent à un montant allant de 100 à 200 euros de 2019 (vous apprécierez la précision !)

Sans titre 1

Spectaculaire bloc de 10 actuellement proposé à la vente par la maison J.F. Brun

Posté par cigulphe à 12:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
28 mai 2019

Pochette surprise

Vu ces jours-ci sur le Bon Coin cette annonce :

Pépite

Ce qui ce fait de mieux dans le genre, tout y est : faute d'orthographe 1 euros, grande qualité de service, amabilité, prix exorbitant...

Le tout vous est proposé dans une merveilleuse pochette surprise.

Pour la peine, ce vendeur nous gratifie d'une seconde image.

Voyons si le ramage de cette pochette se rapporte à son plumage et précipitons-nous sans plus attendre sur l'autre illustration :

Pépite 1

Rien à dire, voici le Phénix des hôtes du Bon Coin. On touche ici au sublime en matière philatélique : plis particulièrement prononcés, angles biseautés.... même le timbre se gondole, se tord de rire d'être en si bonne place.

Au final, vous conviendrez avec moi que l'écrin dans lequel est glissé ce bout de papier relève davantage du sac poubelle que de la pochette surprise.

Remarquez pour finir qu'il fut un temps où on parlait de décharge pour désigner l'endroit où aboutissaient les déchets. C'est peut-être, sans le savoir, ce à quoi nous invitait ce fiscal dans sa légende " Quittances, reçus et décharges " !

Posté par cigulphe à 13:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
22 mai 2019

Excessivement cher pour 5 francs ?

En janvier 1866, dans le Timbre-poste, mensuel édité par J.B. MOENS, on pouvait lire ceci :

Capture2 janvier 1866

En septembre de la même année, les choses se précisent :

Capture septembre 1866

A la veille de paraître ? Pas tout à fait. En réalité, le timbre à 5 francs ne sera mis en circulation qu'en novembre 1869.

Capture

L'accueil réservé par l'auteur à ce nouveau timbre n'est pas des plus enthousiastes, loin s'en faut :

Capture1

Ainsi peut-on lire : " Le commerce... a été sauvé le 2 novembre, jour des morts ". (En réalité, le timbre a été émis le lundi 1er novembre 1869, mais chose singulière, n'est connu utilisé qu'à partir de juin 1870)

En guise de baptème, de cérémonie d'accueil, MOENS s'exprime sans ambages, et d'entrée procède à un enterrement de 1ère classe du nouveau timbre. La suite de l'article n'est guère plus chaleureuse : " Ce qui nous paraît moins heureux, ce sont ces grecques qui semblent les compagnes obligées de l'empereur, tout en faisant une allusion peu flatteuse pour le souverain.

Ces propos me semblent assez sibyllins, comprenne qui pourra. Bien sûr, tout le monde sait qu'une grecque est : " Un ornement composé d'une suite de lignes brisées à angles droits et rentrant sur elles-mêmes. "

Où est l'allusion peu flatteuse pour l'empereur ? Faut-il y voir une référence aux moeurs des grecs anciens dont Littré donne la définition suivante : " Débauche grecque, débauche contre nature, ainsi dite à cause du vice qui infectait l'antiquité. "

Faut-il y voir une allusion aux Hellènes chantés par l'ami Brassens " Et m'crie " va t'faire, homme incorrect, voir par les Grecs " (Le pornographe) ?

A vous d'en juger.

L'article se conclut en beauté : " Calino (1) a qui nous avons montré le timbre, l'a trouvé excessivement cher pour 5 francs. " Ici encore, il nous faut interpréter ces propos car à la vérité, 5 francs c'est 5 francs. Un point c'est tout. L'auteur voulait peut-être nous dire que pour ce montant l'Administration des Postes aurait pu fournir aux utilisateurs un timbre d'une autre facture, techniquement nettement plus abouti à l'image des fiscaux américains de la même période ?

Toujours est-il que de nos jours, ce 5 francs de l'Empire exerce toujours un certain attrait sur le collectionneur. Par ailleurs si mes aïeux avaient eu la bonne idée d'acheter à l'époque un de ces 5 francs, l'affaire n'aurait pas été si mauvaise pour les héritiers. En effet, un beau 5 francs neuf comme celui-ci :

http://www.roumet.com//photos/553/325.jpg

5 francs proposé par ROUMET dans sa dernière vente

cote 9 000 € et est proposé au prix de départ de 1 800 €. Pour 5 francs, fussent-ils de 1869, l'investissement me semble rentable, n'est-ce pas ?

Lors de l'émission du timbre-poste à l'effigie de l'empereur à 5 francs, il existait 10 valeurs fiscales supérieures à ce montant. Ces valeurs s'échelonnaient du 5,50 francs :

EDC 26

au 10 francs :

EDC 50

Montant à débourser à l'époque pour ces 10 timbres = 77,50 francs, soit presque 4 Napoléon-or, bien loin des 5 francs qui rebutaient MOENS et ses amis !

Ces montants exorbitants ont évidemment rapidement découragé les collectionneurs au portefeuille peu garni. Seuls quelques collectionneurs fortunés ont pu se procurer ces timbres à l'état neuf à l'époque mais ils se sont assez rapidement lassés, on s'en doute. (NB. la seconde série à l'effigie de l'empereur, émise en 1871, dépassait quant à elle le montant astronomique de 210 francs !)

Citoyen belge, MOENS ne pouvait méconnaître l'existence des fiscaux émis par son pays en 1857. Là encore, les montants sont démentiels et vont bien au-delà de 20 francs :

Sans titre 1

Sans titre 2

Sans titre 3

50410

Sans titre 4

Sans titre 5

Sans titre 6

Ces timbres neufs (de surcroît avec gomme d'origine) proviennent de ma collection de Belgique. Je n'en ai jamais vu d'autres exemplaires en plus de 30 ans de philatélie fiscale.

J'ajouterais pour finir en beauté, que nos amis d'outre-Quiévrain ont également émis la même année une autre série, cette fois pour les effets de commerce créés à l'étranger et payables à l'étranger au demi-tarif avec donc la plus haute faciale portant un montant de 25 francs :

50412

Remarque : francs belges ou français, il s'agit bel et bien de francs-or.

Alors au final ? Excessivement cher pour 5 francs ?

 

(1) J'ignore qui est ce Calino. J'ai déjà vu mentionné le nom Camino comme étant celui d'un marchand philatélique de Paris. Est-ce le même ?

Posté par cigulphe à 12:04 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
20 mai 2019

Au bistrot, l'addition est salée ! (suite)

Au bistrot, l'addition est salée ! (suite)

La taxe sur les débits de boissons d'un montant de 1 770 francs évoquée il y a quelque temps, peut se matérialiser par diverses combinaisons de fiscaux, en voici de spectaculaires illustrations transmises par le pétillant JJ B. :

Copie de 1770 1

 1 500 francs (n° 462) + 115 francs x 2 (n° 459) + 40 francs (n° 418 a) = 1 770 francs !

Copie de 1770 2

1 500 francs (n° 462) + 200 francs (n° 425) + 50 francs (n° 455) + 20 francs (n° 449) = 1 770 francs !

Copie de 1770 3

1 500 francs (n° 462) + 200 francs (n° 425) + 40 francs (n° 418 a) + 30 francs (n° 471) = 1 770 francs !

Reste maintenant à vous montrer le tarif à 2 000 francs en vigueur à partir de 1992. Affaire à suivre donc !

Posté par cigulphe à 20:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :