Collection passion : les timbres fiscaux

19 janvier 2018

" En fait d'amour et à la chasse, on n'attrape pas toujours ce qu'on attend. "

" En fait d'amour et à la chasse, on n'attrape pas toujours ce qu'on attend. "

Cet adage trouve une merveilleuse illustration avec l'annonce ci-dessous vue sur Delcampe il y a quelques semaines :

Penurie 1

Le titre de l'annonce est on ne peut plus explicite et le descriptif paraît de fort bon aloi. Malheureusement, la mariée est un peu trop belle et en fait de timbre fiscal provisoire lié à la prétendue pénurie de figurines de permis de chasse, c'est tout simplement une banale et prosaïque quittance qui est apposée sur ce permis.

Voyons maintenant cela de plus près.

Pour bien comprendre la présence de la quittance sur ce permis de chasse, il faut se reporter à la loi du 28 juin 1941 relative à l'organisation de la chasse (J.O. du 30 juillet 1941)

Cette loi prévoit que la délivrance du permis de chasse implique l'adhésion du demandeur à une société de chasse départementale. L'adhésion à ladite société est attestée par une quittance annexée au permis en vertu des dispositions des articles 3 et 4 de la loi précitée.

" Art. 3. — […] « Les permis de chasse seront délivrés sur l'avis du maire par le sous-préfet de l'arrondissement dans lequel celui qui en fera la demande aura sa résidence ou son domicile. A l'appui de la demande devra être produite la quittance de la cotisation pour l'année courante de membre de la société départementale des chasseurs. Cette quittance demeurera annexée au permis de chasse ».

Art. 4. — Tout membre de la société départementale des chasseurs verse une cotisation fixée à 25 fr., dont 5 fr. pour le conseil supérieur de la chasse. "

 

Revenons au permis en question et profitons du fait que le vendeur ait mis d'autres illustrations dans son annonce.

Penurie 2

Sur ce récépissé de mandat, on lit clairement le montant de 25 francs indiqué dans la loi du 28 juin 1941.

 Penurie 3

Sur la troisième illustration, le vendeur découvre le timbre humide à 50,80 francs imprimé sur le permis (qui constitue au sens philatélique un entier fiscal). Ce permis a été délivré le 27 août 1941, et il n'y avait pas besoin de timbre provisoire puisque le timbre figurait déjà sur le permis en l'espèce avec l'empreinte humide à 50,80 francs. Voici maintenant le permis complet :

 penurie 5

On constate que le récépissé a été délivré antérieurement par le bureau de poste de Saint-Germé (Gers) le 18 ? juin 1941. Il a été annexé au permis, conformément aux dispositions législatives, au moment de sa délivrance, soit le 27 août 1941. C'est à cette occasion que la préfecture du Gers a apposé son cachet tant sur le permis que sur la quittance.

Voici un autre permis de la même période pour confirmer mes dires :

Permis 1941038

Quittance délivrée à Montluçon, le 27 août 1941 pour la saison de chasse 1941-1942,

correspondant au timbre mobile 1942 présent au verso de ce permis.

En définitive donc, pas plus de timbre fiscal provisoire que de beurre en broche mais malgré tout un document intéressant comme tous les permis délivrés durant l'Occupation.

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17 janvier 2018

Sans charnière(s)

Sans charnière(s). Cette expression m'horripile depuis plus de 30 ans.

Cela remonte à l'époque où, adolescent, j'ai franchi la porte de quelques clubs philatéliques (de philatélie postale bien sûr). J'y ai découvert de joyeuse assemblées, parfois un peu doctes, mais aussi quelques pépères un tantinet roublards bien disposés à m'échanger une belle série de Fujeira sur les films de Disney contre quelques timbres sans charnières des années 30.

Sans charnière, c'est ce que j'ai retenu de mes différentes mais épisodiques visites. J'y ai compris que la plupart des collectionneurs postaux accordaient plus d'importance au verso des timbres qu'à leur recto, fut-il irréprochable, c'est d'ailleurs une des raisons qui m'a poussée à ne pas persévérer en philatélie postale.

A cette même époque, je me régalais des chroniques de Georges BARTOLI dans Timbroscopie. Il y dénonçait inlassablement ce  " sans charnières " qui d'après lui ne serait qu'une mode passagère. La suite lui a hélas donné tort.

Je ne m'étendrai pas davantage sur la question dans le domaine postal, car je suis un béotien en la matière. Simplement, j'avais compris que cette tocade était irréversible et qu'elle allait se faire au détriment de nombreux collectionneurs qui soudainement voyaient leur collection, patiemment et amoureusement construite sur de belles pages d'albums avec ces satanés petits bouts de papier gommé appelés charnières, perdre une grande partie de sa valeur en même temps qu'elle les obligeait à se procurer à nouveau les exemplaires des timbres qu'ils possédaient déjà mais cette fois sans charnières, s'ils voulaient être un tant soit peu " crédibles " lorsqu'ils montreraient leurs collections à d'autres collectionneurs " sérieux ".

Voilà que 30 ans après, de temps en temps, je vois des lots de fiscaux proposés sur des sites internet avec la mention sans charnière et l'inquiétude me reprend à nouveau.

Evidemment, mes fiscaux ne sont pas montés sur charnière. Ils le sont sous pochette ou bande. (Anecdote : il y a deux ans de cela, un marchand de la rue Drouot m'a presque ri au nez lorsque je lui ai demandé une pochette de charnières.  Il aurait pu ajouter : " voilà mon prince pour classer vos merveilles ". Il ne l'a pas dit mais pensé si fort que...)

Vous avez remarqué que la publicité Yvert précise pour timbres oblitérés. Cela va sans dire, car la charnière s'enlève très facilement et de manière indécelable sur un timbre oblitéré. Un simple lavage suffit. Il conviendra néanmoins de préciser cet élément à un certain nombre de vendeurs qui se sentent obligés, comble du raffinement, d'indiquer timbre oblitéré sans charnière montrant en cela une connaissance approfondie de la chose philatélique. Passons.

La charnière pose problème sur le timbre neuf, car il est pratiquement impossible de l'enlever sans laisser de traces. Mais ce problème est secondaire en philatélie fiscale. En effet, le principal problème est de trouver les fiscaux neufs et quand on en trouve, en particulier dans la période classique, ceux-ci ont presque systématiquement une charnière car c'est ainsi qu'ils étaient fixés dans les albums anciens.

Par ailleurs, si quelques stocks de timbres fiscaux neufs ont pu être constitués, ils ont pratiquement tous été classés avec des charnières. De même, les plus grandes collections qui ont pu être dispersées ces dernières années, je pense à celle de Georges CHALMANDRIER notamment, étaient-elles toutes montées sur charnières.

TF67A

SFU n° 67A (à gauche) avec charnière signé Calves (comme sans charnière ?)

Bien sûr, de temps à autre, on peut rencontrer des exemplaires sans charnières provenant essentiellement de blocs ayant été égrenés ou de timbres immaculés oubliés ici ou là.

Mais de grâce, épargnez-nous cette maladie en philatélie fiscale, la charnièrite comme disait l'autre.

Sachez toutefois que si vous trouvez des fiscaux neufs que je n'ai pas et que ceux-ci soient avec charnières, SVP adressez-les moi sans hésiter, je vous en débarrasserai bien volontiers.

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13 janvier 2018

Les fiscaux sur Delcampe

Récemment, je vous invitais à consulter le site Delcampe, à la rubrique fiscaux, en effectuant le tri suivant : " Trier par moins cher d'abord ". Vous ne serez pas déçus du voyage, vous disais-je alors : un véritable musée des horreurs ! 

Mais avant cela, consultons le site dans son ensemble :

Sans titre 10

Vous lisez comme moi 11 273 objets trouvés dans cette catégorie, le même jour au même moment en effectuant une autre recherche je trouve :

Sans titre 11

13 383 lots auxquels il convient d'ajouter les 181 lots classés à la rubrique marcophilie, sous-rubrique " fiscaux".

Bref, plus de 10 00 lots différents, de quoi faire saliver tout collectionneur me direz-vous.

Hélas non, nous allons essayer de voir pour quelles raisons.

Mais avant toute chose, je tiens à vous préciser que j'ai une affection particulière pour le site Delcampe et son créateur Sébastien. Il y a un peu près 15 ans que je suis inscrit sur ce site et vous avez certainement remarqué que le site Delcampe figurait dans mes liens.

A l'époque où le site était encore essentiellement familial (Sébastien n'avait-il pas fait figurer sur le site des photos de son mariage), il avait été demandé aux collectionneurs leur avis sur le site et ses évolutions souhaitables.

J'avais répondu à ces questions et ce que j'avais indiqué ne diffère pas fondamentalement de ce que je vais vous dire aujourd'hui.

1. Le prix dérisoire de nombreux lots :

* Le timbre le moins cher est proposé à la vente à 0,05 €.

* Pour une fourchette comprise entre 0 et 1€, on trouve 2 182 lots

* Entre 0 et 2 € : 4 221 objets.

Première constatation : plus du tiers des lots est proposé à 2 € ou moins, pour des frais de port d'environ 1 €.

Question : qui sont ces vendeurs qui perdent leur temps (reproduction de l'image, rédaction de l'annonce et mise en ligne...) et mettent en vente des timbres la plupart du temps défectueux ou archi-communs ? Mystère. J'avais suggéré à l'époque, pour plus de crédibilité et éviter d'envahir le site par des annonces sans intérêt, de mettre en place un système (peu importe lequel) à même de dissuader ces vendeurs. On m'a répondu que ce n'était pas opportun et qu'il pouvait se trouver des collectionneurs susceptibles d'être intéressé et qu'il en fallait pour tout le monde. Aujourd'hui encore, je persiste et je signe sur ce point, comme dit l'adage " abondance de biens nuit ".

2. Le prix exorbitant de nombreux lots :

Autre point et non des moindres, de nombreux lots sont proposés à des prix exorbitants, sans rapport avec la rareté de la pièce proposée ni de sa valeur sur le marché. De nombreux lots de la sorte sont en vente depuis des années comme ce document en vente depuis 2011. Comment peut-on imaginer mettre en vente un lot aussi longtemps sans se remettre en question ? Soit le lot n'intéresse personne (ce n'est pas le cas ici) soit le prix demandé est trop élevé (ce qui est précisément le cas). Dans un cas comme dans l'autre une commission même modique à la mise en vente du lot aurait certainement refroidi les ardeurs de ce vendeur.

N'allez pas croire que ce comportement soit uniquement le fait de particuliers, de nombreux professionnels agissent de la sorte, le pompon est atteint quand ils proposent un prix astronomique tout en refusant les offres inférieures, tout imbus qu'ils sont de leur savoir vis-à-vis des collectionneurs et ce, même s'ils n'y connaissent rien ou presque aux fiscaux. (Soit dit en passant, un jour peut-être, je vous raconterai quelques anecdotes croustillantes de mes contacts avec des marchands patentés, du genre de celui qui me disait un jour : " Vous n'y connaissez rien " ; lui non plus visiblement lorsqu'il m'a cédé pour quelques euros une des pièces majeures de ma collection). Mais je vois que je m'égare.

Des lots misérables sont proposés à moins de 10 €, mais n'en sont pas pour autant un chopin. Que de la drouille ou 50 fois le même exemplaire.

Remarque générale pour ces deux premiers points : la durée de mise en vente peut aller jusqu'à 1 mois. C'est beaucoup trop long et contre-productif à mon avis. D'une part parce que ce n'est pas la durée qui va faire monter les enchères (les collectionneurs motivés fréquentent très régulièrement le site) et d'autre part parce que le collectionneur est un immédiatif, il voit la pièce recherchée, il la lui faut au plus vite (c'est un des piments de la collection) et plus l'attente est longue plus l'attractivité se dissipe.

3. Les vendeurs assommants :

Je mets dans cette catégorie ceux qui vont faire figurer X lots avec le même timbre, parfois 10 fois, 20 fois et même beaucoup plus. Ils tuent la poule dans l'oeuf, car c'est la rareté qui allèche le collectionneur. Or, un timbre proposé 20 fois ne peut pas être rare (sauf chez Feldman ou chez Roumet). De plus, ils " gonflent " l'internaute exaspéré de voir défiler devant lui tant de banalités.

Là encore, une commission même modique aurait sûrement évité la multiplication des lots.

Allez hop, un assommant de plus dans ma liste noire, liste noire que je vais aborder maintenant.

Vous le savez certainement, il existe sur Delcampe une liste noire des vendeurs, voici comment elle se présente :

Sans titre 4

Vous voyez à la lecture du menu déroulant que ce ne sont pas les motifs qui manquent pour faire figurer un vendeur sur votre liste noire : qualité des objets, prix trop élevé, trop de ses objets remplissent les listes, voici 3 éléments que nous avons évoqués.

Dans la catégorie assommant, je fais aussi immédiatement glisser ceux qui recouvrent leurs illustrations de mention du genre " Ne pas copier " " Copyright " ou de leur nom inscrit au feutre comme ceci :

Sans titre 1

Je trouve ce procédé tout à fait contraire à l'esprit de partage de Delcampe et de la plupart des collectionneurs, procédé exécrable, qui dénature considérablement le site. (même les sites les plus commerciaux ne vont pas jusqu'à maculer leurs images). J'avais d'ailleurs écrit il y a quelques mois au site pour demander que des mesures soient prises envers ce genre de comportement. Sans succès également. Tant pis, direction liste noire. (en passant, il ne me semble pas que ce genre de liste figure sur Ebay)

Ne nous quittons pas sur une note négative, car en dépit des éléments exaspérants que nous venons d'évoquer (et pour lesquels le site Delcampe pourrait facilement trouver une solution me semble-t-il, solution qui de surcroît remédierait peut-être aux saturations récurrentes de leurs serveurs), j'ai pu trouver sur Delcampe un certain nombre de pièces tout à fait intéressantes voire rares.

Merci Seb, à bientôt.

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09 janvier 2018

Les Nansen de la collection de Magistris

J'avais signalé, il y a quelques mois, la majestueuse vente " De Magistris " et m'étais promis de vous en reparler.

Ouvrez grand les yeux, vous n'avez pas vu ça tous les jours :

de Magistris

Lorsque je vis cet ensemble, mon sang ne fit qu'un tour. Je pensais qu'avec les 16 Nansen différents de ma collection je n'étais pas trop mal loti, me voilà battu car sont présentés ci-dessus 19 timbres soit la série quasi-complète.

On sait que la série complète comporte 20 timbres et qu'il y en a ici 19 différents. Mais en réalité, il manque 3 timbres pour que la série soit vraiment complète (les n° 1, 2 et 3) et il y a deux intrus. Avez-vous repéré les deux intrus ?

 

Les voici :

Copie de de Magistris

Commençons par l'intrus n° 1, si vous le voulez bien :

Nansen 1933 De Mag

Il s'agit du timbre de 1926 sur lequel a été rajoutée la date 1933 à la machine à écrire ou au composteur.

Réfugiés n° 1

Nansen n° 1 de 1926

Quant au second intrus, le voilà en gros plan :

Nansen 1936 De Mag

L'année 1936 a été imprimée en vert-jaune ainsi qu'il suit :

Nansen 1936 vert De Mag

Nansen n° 18 de 1936

Alors de quoi s'agit-il ? Tout simplement d'une modification du chiffre de l'unité du millésime à l'aide d'une plume ou d'un crayon rouge (le stylo-bille n'étant breveté qu'en 1938) pour remplacer le 5 en 6 :

Nansen 1935 De Mag

Nansen n° 17 de 1935

Il n'et pas difficile d'imaginer le motif de ces modifications de date. Les figurines de l'année concernée faisant défaut, on a apposé la date adéquate à la main ou à l'aide de caractère typographiques. L'authenticité de ces timbres ne fait aucun doute, mais elle est impossible à prouver puisqu'il s'agit d'exemplaires détachés. Pour cela, il eût fallu qu'ils soient conservés sur document pour attester leur bien-fondé et que ceux qui les ont découverts le sussent. On peut toujours rêver n'est-ce pas ?

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05 janvier 2018

En état correct son Opel Kadett ?

Depuis quelque temps, j'ai remarqué que certains vendeurs proposaient des fiscaux sur des sites d'enchères avec la description suivante et oh combien succincte : ' état correct ".

Etat correct

Or cette description ne veut strictement rien dire en philatélie et n'évoque guère davantage dans bien d'autres domaines.

Je repense à ce sujet à mon beau-frère qui m'indiquait, lorsque je lui faisais part de mon souhait de changer de voiture, qu'il était disposé à me céder son Opel Kadett bleue.

" En quel état est-elle ? " lui demandais-je alors ?

J'avais en tête le carrosse : des bosses ici et là, des rayures à faire pâlir un zèbre, une allure peu engageante au premier coup d’œil ; bref comme le dit l'expression " belle de loin, mais loin d'être belle ".

Il me répondit " en état correct ".

Mais, à la suite du contrôle technique révélant entre autres vétilles un défaut d’étanchéité du moteur et de la boite, un embrayage fatigué, une corrosion perforante de la caisse et des balais d'essuie-glace datant de Mathusalem, j'ai pris conscience, si ce n'était déjà fait, qu'en fait d'état correct la belle avait tout d'une épave.

Revenons aux choses sérieuses. Qu'en est-il de l'état des timbres fiscaux ?

Le catalogue Yvert et Tellier des fiscaux est laconique quand il indique en page 11, à la rubrique estimation : " Les estimations données dans le présent catalogue concernent des timbres en bon état, avec traces de charnières. L'absence de gomme sur un timbre neuf entraîne un abattement de cotation de 20 % sur la cote neuve ". (Nous reviendrons sur les traces de charnière ultérieurement, promis)

" des timbres en bon état ". Chacun peut avoir sa propre opinion sur la question.

Voici ma façon de distinguer l'état des timbres fiscaux :

La cote du catalogue s'applique à des timbres très beau (abrégé TB) c'est à dire des timbres sans défauts, ou encore de belle qualité.

Les timbres présentant des défauts sont des second choix ou défectueux (abrégé Def.). Les défauts sont de diverses natures et ont une incidence immédiate sur la valeur du timbre. Les défauts majeurs sont ceux qui affectent le recto du timbre : timbre décoloré, oblitération rendant illisible le dessin, filet entamé pour les non dentelés, absence de plusieurs dents pour les dentelés ou dentelure décentrée affectant le dessin. La valeur de ces timbres est faible, nulle pour les figurines d'une cote inférieure à 10 €.

 

Sans titre 9

Quittances n° 6 (Def.)

Sans titre 10

Proposé actuellement à la vente à 9 €. Il a tout pour lui, même une déchirure au milieu !

Pour les amateurs de sensations fortes, je vous invite à consulter le site Delcampe, à la rubrique fiscaux, en effectuant le tri suivant : " Trier par moins cher d'abord ". Vous ne serez pas déçus du voyage, un véritable musée des horreurs !

D'autres défauts sont de moindre importance, quand la présentation générale est satisfaisante. Ils entraînent eux aussi une remise significative sur la cote, proportionnelle à l'importance des défauts qui peuvent être des clairs ou amincis, un pli ou des froissures, des trous d'aiguille...

Attention toutefois, la fréquence des défauts n'est pas la même sur les timbres fiscaux que sur les timbres-poste. Par exemple, une grande part des effets de commerce, du fait de la destination et du format des timbres, présentent des trous d'aiguille et le collectionneur doit en tenir compte car il ne me semble pas inapproprié de conserver les second choix de la période classique comme pièces d'attente, en attendant mieux. Les timbres d'automobiles mais aussi d'autres fiscaux sont quant à eux fréquemment affectés de deux trous d’agrafe d'origine dus à l'agent de l'Administration qui avait assemblé le timbre en question et le document sur lequel il devait être apposé ultérieurement. D'autres timbres encore, je pense aux timbres de réfugiés Nansen sont très difficiles à trouver sans défauts, cela est dû notamment à leur grande dimension et au support sur lequel ils étaient apposés. C'est également le cas des permis de chasse, mais pour ces timbres, le catalogue précise que les second choix correspondent à 50 % de la cote, etc.

Reste une dernière catégorie, les timbres superbes (abrégé SUP). Ces exemplaires parlent d'eux-mêmes : marges généreuses, centrage parfait pour les dentelés, oblitération légère et parfaitement lisible... Ces timbres méritent évidement une plus-value, mais étant donné l'état du marché des fiscaux, celle-ci ne peut être précisée aisément, elle fera le cas échéant l'objet d'un prix d'amateur en fonction du timbre considéré.

 

QUI n° 4

Quittances n° 4 non émis avec fond sûreté (SUP)

EDC 94

Effets de commerce n° 94 (SUP)

Réfugiés n° 10

Réfugiés n° 10 Nansen (SUP)

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03 janvier 2018

Licence IV : débit de hautes faciales !

Mon ami Jean-Jacques m'adresse ses voeux et en profite pour me joindre différents scans relatifs aux débits de boissons que nous avons évoqués il y a peu. Il me précise : " voici 3 documents qui me semblent intéressants et que tu pourras bien sûr publier si tu le juges utile ".

Ceci dit ceci fait, ce qui va nous permettre de constater que les débits de boissons faisaient également l'objet de débit de hautes faciales fiscales :

Licence 24000 francs

Licence du 15 novembre 1956 - Tarif à 24 000 francs, article 5 du décret du 6 juillet 1956

Licence 28000 francs

Licence du 30 novembre 1957 - Tarif à 28 000 francs, article 5 du décret du 27 juin 1957

Licence 31000 francs

Licence du 8 octobre 1958 - Tarif à 31 000 francs, article 5 du décret du 28 décembre 1957

29,16 % d'augmentation en 17 mois, une paille. Et ce n'est pas fini. Je complète l'envoi de Jean-Jacques avec le tarif suivant :

Licence 35000 francs

Licence du 27 août 1960 - Tarif à 35 000 francs, article 53 de l'ordonnance du 30 décembre 1958

(Combinaison d'anciens et de nouveaux francs)

Licence 350 NF

Licence du 30 juin 1961 - Même tarif réalisé avec 350 nouveaux francs (environ 550 € d'aujourd'hui)

Merci à mon correspondant pour ses documents qui sortent de l'ordinaire.

Un dernier mot, le n° 317 du catalogue, la quotité à 6 000 francs, très rare en neuf, cote 410 € annulée. Je vous laisse faire votre propre opinion sur cette cote.

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01 janvier 2018

Nouvelle année

Voeux 2018

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31 décembre 2017

La création de fiscaux supérieurs à 100 francs après guerre

La découverte de faux timbres fiscaux dans les années 30 avait entraîné diverses mesures dont la création d'un nouveau type, le type " Daussy étoilé " et le retrait de toutes les figurines supérieures à 100 francs.

Mais, si l'on prend en compte l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 100 francs de 1935 correspondait à environ 940 francs de 1946, ce qui en d'autres termes signifie qu'il fallait en 1946 environ 10 fois plus de francs qu'il n'en fallait en 1935 pour se procurer la même quantité de biens et services.

Dès lors, il devenait impératif de prendre en compte cette inflation et de mettre en circulation les quotités nécessaires.

Les premières valeurs ont été créées par l'arrêté du 22 octobre 1946 (J.O. Du 24 octobre 1946) qui, dans son article 1er indique que : " Sont créés dans la série du timbre fiscal unique des quotités de 200 F, 250 F, 1.000 F et 2.000 F et des types d'empreintes de 1.000 F et 2.000 F. "

L'article 2 précise que : " Les nouveaux timbres mobiles sont divisés en deux séries de couleur différente, savoir : Timbres de 200 F et de 250 F, fond orange clair, tête orange foncé, prix en surcharge bleue ; Timbres de 1.000 F et de 2.000 F, fond vert clair, tête vert foncé, prix en surcharge noire. "

Voici ces 4 timbres :

SFU 294

SFU 297

 

SFU 308

SFU 311

Il convient de noter que ces timbres ont été imprimés sur un papier au filigrane AT 43, et que les valeurs à 1 000 et 2 000 francs l'ont été initalement sur un papier rose (papier qui n'est pas signalé au catalogue) puis ultérieurement sur papier blanc.

Par la suite, les nouvelles quotités imprimées le seront conformément à l'article 2, en orange pour les valeurs inférieures à 1 000 francs et en vert pour les valeurs inférieures à 5 000 francs.

Mais, quelques années après, pour permettre aux contribuables de se conformer aux dispositions de l'article 961 du CGI portant sur les déclarations d'ouverture de débits de boissons de troisième ou quatrième catégorie (les fameuses licences IV), il a fallu créer une figurine à 5 000 francs (arrêté du 19 juillet 1954) nécessaire pour le tarif à 20 000 francs qui sera par la suite porté à 24 000 francs par le décret du 6 juillet 1956, pour la réalisation duquel on a imprimé une figurine à 6 000 francs. Ces deux derniers timbres à 5 000 et 6 000 francs ont été imprimés en violet (fond) et rose (médaillon), la faciale étant en surimpression noire.

SFU 316

SFU 317

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30 décembre 2017

Les timbres des colis agricoles ou de journaux des années 1950

Les timbres des colis agricoles ou de journaux des années 1950 sont relativement méconnus.

L'article 4 du décret du 9 mai 1950 précise que le droit de timbre des récépissés de transports peut être acquitté au moyen de timbres mobiles d'une série spéciale.

Chaque timbre se compose de deux empreintes dont l'une portant indication du prix, est toujours apposée sur la souche, et l'autre désignée sous le nom d'estampille de contrôle, est apposée sur le récépissé qui accompagne l'expédition.

Ces dispositions donnent naissance aux timbres de transports violets qu'on rencontre assez fréquemment mais aussi à ceux des colis agricoles et de journaux qui sont très difficiles à trouver (à l'exception notable de la valeur à 30 centimes).

La première valeur de la série est celle à 20 centimes :

20 centimes transports

elle correspond au tarif alors en vigueur pour les colis n'excédant pas 5 kg.

La deuxième porte une faciale de 30 centimes :

30 centimes transports

qui s'applique aux colis de plus de 5 kg.

Ces deux timbres ont été imprimés en juillet 1950 :

Date au dos

Le troisième et dernier timbre est celui à 40 centimes :

40 centimes transports

rendu nécessaire par la hausse des tarifs indiquée à l'article 7 du décret du 9 janvier 1951. Les tarifs sont désormais de 30 centimes pour les colis inférieurs à 5 kg et de 40 centimes pour ceux d'un poids supérieur.

Ces 3 timbres ont fait l'objet d'une estampille imprimée dans la même couleur :

Estampille

Ces timbres ont-ils été mis en circulation ? Mystère pour ma part et pour le catalogue Yvert qui ne les cote pas annulés.

Considérons-les comme non émis jusqu'à preuve du contraire.

Ils sont tous rares sauf le 30 centimes dont à ma connaissance on a trouvé une feuille entière (sans surcharge Epreuve) qui a été égrenée, ce qui explique qu'occasionnellement on peut voir cette figurine proposée à la vente.

Vous noterez que le catalogue indique (et il s'agit d'une rare exception) que les timbres surchargés Epreuve sont beaucoup plus rares que les mêmes exemplaires sans cette surcharge.

Pour ma part, je n'ai jamais rencontré les valeurs à 20 et 40 centimes sans surcharge Epreuve. Aussi, si un de nos lecteurs disposait de ces valeurs, je serais immédiatement acheteur sur la base de la cote Yvert.

Dernier point, les faciales de ces timbres correspondent à environ 1 centime d'euro d'aujourd'hui. Il paraît invraisemblable que l'Administration ait pu choisir de recouvrir ce droit au moyen de timbres mobiles, l'impression de la feuille et ses multiples manipulations par les agents entraînant un coût nécessairement bien supérieur au rendement du droit perçu.

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03 décembre 2017

CNEP n° 15

Nous avons précédemment évoqué les faciales phénoménales des timbres fiscaux. Ces faciales astronomiques concernent également les socio-postaux, en voici un exemple ici :

Sans titre 5

CNEP n° 15

Montant de la faciale : 1 000 francs de 1886 !

A la même période la plus haute faciale du timbre-poste était de...

95

5 francs seulement.

Voici maintenant ce même n° 15 neuf avec gomme d'origine, sorti pour la circonstance de mon album consacré aux socio-postaux :

CNEP 15005

Il fait partie des timbres emblématiques de ma collection. 1 000 francs, soit 50 Napoléon de 20 francs-or, l'équivalent de presque 4 000 € d'aujourd'hui d'après l'INSEE :

INSEE

La série des timbres CNEP comporte 15 quotités, la plus basse étant celle à 1 franc :

CNEP n° 1

Mais il était loisible à l'époque de se constituer le montant minimum de 1 franc en utilisant des timbres-poste. Ceux-ci devaient alors être apposés sur un bulletin d'épargne comme celui-ci :

BULLETIN D'EPARGNE MODELE N° 94

Combien de timbres à 1 000 francs ont-ils été mis en circulation ? Certainement peu. Combien sont parvenus jusqu'à nous en particulier à l'état neuf ? Je vous laisse imaginer.

Nous noterons, pour conclure, que cette valeur à 1 000 francs a été retirée de la circulation dès le 29 mars 1885 soit seulement deux ans après sa mise en service (faute d'une utilisation suffisante évidemment)

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