Collection passion : les timbres fiscaux

22 septembre 2019

Casinos : tarif du 3 août 1926

Vu récemment vendu sur Ebay cette belle carte de casino :

tarif 1926 60 francs

Carte délivrée à Cannes le 5 décembre 1931.

Le tarif à 60 francs s'applique aux cartes valables plus d'un mois pour les casinos dont la recette des jeux est supérieure à 1 million de francs. (Décret du 3 août 1926)

Ce tarif triplait ceux jusqu'alors en vigueur (loi du 31 juillet 1920 et décret du 10 septembre de la même année).

La quotité à 60 francs n'existait pas dans la série fiscale unifiée au type Daussy lignée émise en 1925, elle fut donc créée spécifiquement pour le plus haut tarif des cartes de casino.

Toutefois, bien que destinée aux cartes de casino, la valeur à 60 francs a servi sur d'autres types de documents (effets de commerce notamment).

Posté par cigulphe à 11:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 septembre 2019

Travaux pratiques (TP) de rentrée

C'est la rentrée philatélique et pour ce qui me concerne également, la rentrée scolaire.

Dans mes cours, dans la mesure du possible, j'essaie de favoriser les situations d'apprentissage avec des travaux pratiques.

Je vous en propose un ce jour, amis lecteurs, sur les timbres fiscaux fictifs des éditions PIGIER.

Ces fictifs, nous l'avons dit précédemment, servaient aux travaux pratiques des élèves se destinant à une profession administrative ou comptable. La méthode utilisée peut paraître désuète aujourd'hui mais je pense qu'elle était alors particulièrement adaptée aux " apprenants " (terme utilisé aujourd'hui dans l'enseignement mais pas à l'époque) qui pouvaient se mettre en situation professionnelle réelle.

Il existe bien un début de nomenclature de ces timbres fictifs éditée par l'association SFPF en 2003, mais cette nomenclature est succincte et en partie erronée. Il est regrettable qu'à ma connaissance cette liste n'ait pu être complétée avec le concours des membres de cette association.

Je me souviens après mon adhésion à la SFPF en 1990 avoir échangé avec feu Robert COUDRIN, secrétaire général à poigne, sur la question des fictifs.

Il m'avait alors indiqué : " Il doit y en avoir un sacré paquet. Si l'aventure vous tente, nous pouvons essayer de les lister. " (C'est vrai, ces timbres sont nombreux)

Hélas entre l'idée et la réalisation, il y a parfois loin de la coupe aux lèvres. Bref, ces velléités sont restés lettre morte.

 

Passons si vous le voulez bien aux TP du jour : 3 documents PIGIER revêtus de fictifs fiscaux dont il nous faut déterminer à quels tarifs ils se rapportent ; les voici :

16 f 1953

Fictif " Légende "Timbre fiscal " Faciale 16 francs

35 f 1953

Fictif " Légende "Timbre fiscal " Faciale 35 francs

85 f 1953

Fictif " Légende "Timbre fiscal " Faciale 85 francs

Les dates d'annulation nous donnent un premier indice, ces fictifs ont été annulés en janvier 1954. Les trois faciales constituent un deuxième indice.

Je me dois ici de préciser que les fictifs Pigier correspondaient réellement en vigueur.

Troisième indice, ces documents de cours sont des factures assujetties au timbre de quittance.

Il nous reste à trouver le texte officiel ayant déterminé le montant des quittances à cette époque.

Le voici :

Loi 53-611 du 11 juillet 1953

Article 2 : les droits sont majorés de 20 %, ce qui nous donne :

  • 5 F, quand les sommes n'excèdent pas 500 F ;
  • 8 F, quand les sommes sont comprises entre 500 et 1000 F. ;
  • 16 F, quand les sommes sont comprises entre 1.000 et 5.000 F ;
  • 35 F, quand les sommes sont comprises entre 5.000 et 10.000 F ;
  • 85 F, quand les sommes sont comprises entre 10.000 et 50.000 F ;
  • Et au-delà : 16 F, en sus par fraction de 10.000 F.

Nous retrouvons bien 3 quotités qui nous intéressent : 16, 35 et 85 francs.

Voici ces timbres dans la série unifiée :

148

N° 148 du catalogue imprimé en 1953.

Filigranes connus : AT 52 / AT 53 /AT 54 /AT 55

157

N° 157 du catalogue imprimé à partir de novembre 1953.

Filigranes connus : AT 53 /AT 54 /AT 55 / AT 57

166

N° 166 du catalogue imprimé à partir de juin 1950 originellement pour le tarif de dimension

de 1949 pour la simple feuille de format standard.

Filigranes connus : AT 49 /AT 52 /AT 53 / AT 54 / AT 55

(Utilisé également pour les cartes d'identité : même loi du 11 juillet 1953)

 

Vérifions maintenant si l'élève a bien travaillé :

16 f 1953

Cas n° 1 : mauvais travail de l'élève : 5 trousses à 650 francs = 3250 F (cela commençais bien dans la colonne de droite avec un 3, mais la suite se fait attendre).

Quoi qu'il en soit, 16 F correspond aux sommes comprises entre 1.000 et 5.000 F (ici 3 250 F.)

35 f 1953

Cas n° 2 : ici c'est bon, montant de la facture 6250 F. et donc timbre à 35 F. pour les sommes comprises entre 5.000 et 10.000 F.

85 f 1953

Cas n° 3 : ici c'est en partie bon (on aimerait connaître le total et le client également), montant de la facture 35300 F. et donc timbre à 85 F. pour les sommes comprises entre 10.000 et 50.000 F.

Conclusion : le travail de l'élève est satisfaisant, les tarifs sont correctement appliqués. Le libellé des documents est en revanche perfectible et l'écriture gagnerait à être plus soignée. Au final, cela vaut une note de 14 / 20.

Posté par cigulphe à 11:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
26 juin 2019

Félicitations Jean-Jacques !

Notre ami Jean-Jacques LABONNE vient d'obtenir une médaille d'or en classe fiscale au championnat de France de philatélie qui s'est déroulé lors de l'exposition Phila France 2019 à Montpellier du 7 au 10 juin.

Nos fidèles lecteurs ont pu découvrir par le passé diverses pièces hors du commun de la collection de Jean-Jacques sur www.timbres fiscaux.fr, comme celle-ci ou encore celle-là.

Il m'avait fait l'amitié de m'adresser ces images afin d'en faire profiter nos lecteurs.

C'est ainsi, notre homme est du genre de ceux qui aiment partager leurs connaissances avec d'autres, simplement pour le plaisir, celui qui nous réunit : la philatélie.

C'est également toujours un moment agréable que de faire un brin de causette avec lui, car à chaque échange, on en ressort avec l'impression mutuelle de progresser.

Grand spécialiste des journaux, Jean-Jacques avait obtenu également l'or en 2003 à Mulhouse pour " Les oblitérations typographiques des journaux ", collection visible sur le site de la FFAP.

Lors d'un récent échange téléphonique, Jean-Jacques m'indiquait qu'il allait également présenter sa collection fraîchement primée sur ce site. En attendant, pour vous mettre l'eau à la bouche, voici la dernière page de sa présentation :

Labonne Or

Toutes nos félicitations au nouveau lauréat !

MAJ du 11 août : la collection de JJ est depuis peu visible sur le site de la FFAP

Posté par cigulphe à 17:28 - Commentaires [1] - Permalien [#]
02 juin 2019

Vente sur offres MARSANOUX n° 62 (Résultats)

Les résultats de la Vente sur offres MARSANOUX n° 62 dont nous avions parlé début mai sont publiés. Les invendus sont disponibles au prix de départ, profitez-en.

Parmi les lots vendus, j'ai relevé celui-ci, adjugé 202 €, ce qui est remarquable pour un entier fiscal :

Angouleme 1918

Description du lot par CH. Marsanoux : " 1818 EMPREINTE FISCALE AUX ARMES DU DUC D'ANGOULEME à BORDEAUX. Document des hypothèques daté de Bordeaux le 14/8/1818 avec les DEUX EMPREINTES FISCALES DE L'EMPIRE MACULEES + en haut DEUX EMPREINTES AUX ARMES DU DUC D'ANGOULEME '50 ct TIMBRE ORD.re' + '2/5 EN SUS Loi DE 1816' + CONTRE TIMBRE A L'EXTRAORDINAIRE DE LA RESTAURATION 'TIMBRE ROYAL 50 ct'. Louis XVIII permit au Duc d'Angoulëme d'utiliser à Bordeaux des empreintes fiscales à ses Armes pour le remercier de sa loyauté. Sous l'Empire il combattit Napoléon avec les Anglais. Durant les Cents Jours il leva une petite armée pour tenter d'arrëter Napoléon 1er. Rare. TB "

Sorti de ma collection pour marquer l'occasion, le même type de document mais plus précoce (pendant les Cent-jours, le 19 avril 1815) sans l'empreinte " 2/5 EN SUS Loi DE 1816 " :

Angouleme0604

Posté par cigulphe à 11:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
01 juin 2019

Au fait combien reviendrait en euros un " effets de commerce " de 10 frs ?

Dans un récent commentaire à mon article " Excessivement cher pour 5 francs ", Robert, un de nos fidèles lecteurs, me posait la question suivante : " Au fait combien reviendrait en euros un  " effets de commerce " de 10 frs ? "

Il est difficile de répondre précisément à cette question, tant les périodes sont éloignées. Par ailleurs la vie quotidienne sous le second Empire et la nôtre sont fort différentes.

En consultant différentes sources dont celle-ci, on peut considérer que le salaire d'un ouvrier se situait entre 3 et 4 francs par jour soit, sur la base de 10 heures de travail quotidien, un salaire horaire de 0,40 francs.

10 francs de 1870 correspondaient donc à 3 jours de travail.

Si on transpose ces 3 jours pour un ouvrier payé au SMIC en 2019, on trouve un montant de 240 €.

Mais il faut également s'intéresser aux prix en vigueur à chaque époque pour déterminer en appréhender le pouvoir d'achat.

J'ai relevé le prix de :

  1. la viande : 1,50 F / kg en 1870 (soit environ 4 heures de travail) aujourd'hui sur la base de 15 € le kg : 1,50 heure de travail.
  2. Lait 0,20 F le litre en 1870 (soit environ ½ heure de travail) aujourd'hui sur la base de 1 € le litre : seulement 6 minutes de travail.

  3. Oeufs : 1 F la douzaine en 1870 (soit environ 2,50 heures de travail) aujourd'hui sur la base de 3 € la douzaine : 20 minutes de travail.

Ces trois exemples montrent qu'il est pratiquement impossible de raisonner en termes de pouvoir d'achat, les écarts allant de 1 à 2,7 pour la viande, 1 à 5 pour le lait et 1 à 7,5 pour les oeufs.

La hausse considérable des gains de productivité dans le secteur agricole a permis de diminuer de manière très importante en valeur relative le prix des denrées alimentaires (la part consacrée à l'alimentation dans le budget des ménages français se situant aujourd'hui aux alentours de 15 % alors qu'en 1870 elle était largement supérieure à 50 %) ; la comparaison entre ces deux périodes, si elle peut nous donner quelques indications, ne me semble pas pertinente en l'état.

Prenons un exemple autre qu'alimentaire. Le prix d'une lettre était de 0,20 F (soit plus d'½ heure de travail), aujourd’hui 1 € soit seulement 6 minutes (ici encore un écart de 1 à 5)

Reste à prendre en compte le cours de l'or : le Napoléon de 10 francs cote 120 € en mai 2019.

Au vu des éléments qui précèdent, il nous faut maintenant répondre à la question de Robert.

A cet instant je pense à Fernand Raynaud : " Combien de temps le fût du canon met-il pour se refroidir ? "

Vous connaissez la réponse : " Il met, il met un certain temps ".

Alors, à la question " Au fait combien reviendrait en euros un  " effets de commerce " de 10 frs ? " Je ne suis pas loin de répondre  " une certaine somme ".

Trêve de balivernes, je me lance : 10 francs de 1870 équivalent à un montant allant de 100 à 200 euros de 2019 (vous apprécierez la précision !)

Sans titre 1

Spectaculaire bloc de 10 actuellement proposé à la vente par la maison J.F. Brun

Posté par cigulphe à 12:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]