Collection passion : les timbres fiscaux

15 août 2018

25 francs = 104,30 sucres

Quelques minutes de philatélie avec ce feuillet de passeport sur lequel nous allons exercer notre sagacité ce jour en montrant qu'un philatéliste sérieux doit, en principe, être doté de diverses qualités : une culture générale satisfaisante, un certain sens de l'observation, de la curiosité, de la persévérance... :

Guya170

Prenons une qualité précédemment évoquée : un certain sens de l'observation.

J'ai acquis ce feuillet de passeport pour rien ou presque il y a quelques années sur Ebay. J'avais déjà en neuf et en oblitéré le timbre d'agences consulaires présent sur ce document :

Agences consulaires 8

Agences consulaires n° 8

Mais mon attention avait été attirée par la mention manuscrite 25 francs / 104,30 sucres figurant sur ce timbre.

J'étais certain que cette surcharge était une surcharge provisoire liée à l'épuisement des timbres consulaires nécessaires pour réaliser le tarif en vigueur. Toutefois, jusqu'à il y a peu, je n'étais pas en mesure de justifier mon hypothèse. C'est désormais chose faite.

Prenons une autre qualité précédemment évoquée : une culture générale satisfaisante. C'est une certitude, une bonne culture générale est un atout indéniable et cette culture générale se travaille jour après jour, elle s'alimente par la recherche ou la vérification dont personne ne peut raisonnablement dire aujourd'hui avec internet que cela prend trop de temps.

(excuse typique de nombre de mes élèves en classe : " Je n'ai pas eu le temps monsieur ". Je rétorque fréquemment : " Prends ton téléphone et cherche-moi la réponse ". Celle-ci, dans le cas d'une question fermée, vient en principe en moins de 30 secondes).

Prenez GUAYAQUIL, lieu du consulat qui a délivré ce visa. Comme la plupart d'entre nous, j'ignorais où se trouve cette ville. En deux clics sur internet je trouve la réponse : en Equateur. Je profite de ma visite sur le Net pour vérifier que la monnaie de l'Equateur est bien le sucre (instant de doute lorsque je lis dollar américain sur Wikipédia, doute vite levé néanmoins car il est précisé sucre jusqu'en 2000).

Une autre qualité est indispensable au philatéliste. Il lui faut être persévérant. En effet, il est fréquent, en philatélie fiscale particulièrement car la littérature fait souvent défaut, de ne pas retrouver le tarif en vigueur (particulièrement après les années 60).

Mais je suis parvenu à mettre la main sur le texte qui va nous donner la solution à cette énigme 25 francs = 104,30 sucres.

Ce texte, le voici : Décret n° 61-1494 du 29 décembre 1961 fixant le tarif des droits à percevoir dans les chancelleries diplomatiques et consulaires et au ministère des affaires étrangères.

Je laisse le soin aux acharnés de mon acabit la lecture intégrale de ce décret et me permets d'aller directement à l'essentiel.

En page 12391 du JO publiant ce texte, je lis ceci :

Guya 1

Article 25, petit c : Visa valable 3 mois pour plusieurs voyages. C'est le cas de mon document, validité du 26 avril au 25 juillet 1965. Mais voilà que je trésaille à la lecture du tarif : 20 francs. Gloups ! Il va me falloir rechercher dans les JO de 1962 à 1965 le passage du tarif de 20 francs à celui de 25 francs.

C'est ainsi, il va falloir encore poursuivre nos investigations. Mais comme je vous l'ai dit précédemment, il ne faut pas se décourager. En effet, 2 pages plus loin dans le décret, je lis ceci :

Guya

Youpi ! Souvenez-vous, nous venons d'en parler : Article 25, petit c : Visa valable 3 mois pour plusieurs voyages.

C'est bien cela, pour l'Equateur le tarif n'est pas de 20 francs mais bien un tarif dérogatoire de 25 francs.

CQFD : 25 francs (soit 104,30 sucres en monnaie locale) correspondent au montant du tarif pour les visas valables 3 mois. Face à la pénurie des quotités à 5 et 10 francs habituellement utilisées pour réaliser ces 25 francs, l'agent consulaire s'est donc servi du timbre de contrôle et l'a surchargé au stylo du montant prescrit.

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30 juillet 2018

Les timbres des postes de C.B.

Les timbres C.B. ont été institués pour recouvrer la taxe pesant sur les postes émetteurs de radio privés (C.B. Pour Citizen band).

Ces timbres, d'un type particulier, au format du type " Périgueux ", filigrane AGT, sont bicolores avec, sur fond de lignes blanches sinusoïdales figurant des ondes radio, un médaillon représentant un micro et son antenne en train d'émettre. Ils devaient être apposés sur la carte de licence du cibiste, cette carte étant valable 5 ans.

Carte 1984

A l'origine, en 1983, le montant de la taxe était de 170 francs.

1983

 

1984

 

1985

 

Ce montant fut porté à 190 francs en 1986 et ce, jusqu'à la suppression de cette émission en 1992.

1986

1987

 1988

En 1989, le sigle P.T.T. est remplacé par P.T.E. (Postes, Télécommunications et Espace)

1989

1990

En 1991, le montant de 190 F. est indiqué en lieu et place de P.T.E.

1991

 A partir de 1992, l'acheteur du poste C.B. devait s'acquitter d'une taxe unique de 250 francs qui était recouvrée par l'apposition d'un timbre fiscal de la série unifiée sur la facture d'achat du poste délivrée par le revendeur.

Ces timbres ne se rencontrent pas fréquemment et la plupart manquent dans les collections, même celles qui sont bien avancées.

Je dispose de quelques doubles oblitérés de ces timbres C.B. ainsi que d'une série complète. Je cède ces timbres à 50 % de la cote du catalogue. N'hésitez pas à profiter de cette opportunité en me contactant directement par le lien " Contacter l'auteur " en haut à gauche de la page.

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28 juillet 2018

Gratis ? Pas vraiment.

Le timbre n° 501 de la série unifiée fait partie des timbres qui sont affublés de guillemets » » ; ce qui signifie d'après le catalogue " valeur indéterminée ".

Dès lors, comment attribuer une valeur à un exemplaire de ce timbre comme celui-ci :

501_Gratis

Une solution, laisser faire le jeu des enchères, sur Delcampe par exemple.

Au final, un lot adjugé à 30,10 €, ce qui n'est pas si mal pour un timbre qui n'avait rien coûté à l'époque au redevable.

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25 juillet 2018

Les experts s'expriment (partie 1)

Newsletter. Cet anglicisme qui signifie lettre d'information périodique d'un site web, entre peu à peu dans le langage courant.

On peut, et je suis le premier à le faire, déplorer cette invasion des anglicismes dans le langage courant, mais force est de constater que le mouvement semble irréversible.

L'emploi de l'anglais donne, semble-t-il, un côté plus " sexy " à la chose.

Deux exemples au hasard pris dans mon quotidien :

Une amie au bronzage de bon aloi me dit malicieusement : " Je reviens des Maldives, snorkeling tous les jours, que du bonheur ! ". Cela fait immanquablement de l'effet sur l'interlocuteur ; un tout petit peu moins lorsque je lui ai répondu : Ah oui, le snorkeling, c'est de la plongée avec tuba, n'est-ce pas ? " (en réalité avec palmes, masque et tuba).

Une autre fois, au cours d'un repas, l'un des convives lance à l'assistance ébahie : " Le street fishing, c'est génial ! "

Oui, c'est vrai, mon grand-père faisait de même il y a 50 ans dans le port d'Epinal. Mais ça, c'était avant le street fishing !

Bref, je m'égare.

Revenons à la philatélie. Je me suis abonné à diverses lettres d'information, ces fameuses newsletters, dont celles de deux des experts philatéliques les plus renommés : BRUN et CALVES.

Leur dernière newsletter, coïncidence, traitent du même sujet : les faux.

Il m'a semblé intéressant d'aborder la question des faux en philatélie fiscale à l'aune de leurs écrits.

Commençons, si vous le voulez bien par ce que nous dit JF BRUN : " Régulièrement, des collectionneurs me soumettent à l’expertise des essais ou des épreuves qui ne sont que des falsifications.

Ce genre de productions assez récentes est souvent offert sur les sites de ventes.

Parfois les prix sont très bas, et les falsifications présentées comme étant de copies, d’autres fois les prix demandés sont assez élevés. Dans les deux cas ce sont les vendeurs qui sont gagnants, les acheteurs toujours perdants ; les faux n’ont aucune valeur. Les frais engagés par les fabricants sont minimes eu égard à leurs bénéfices. "

J'ai constaté à de nombreuses reprises cette situation sur des sites d'enchères. Il est invraisemblable de voir figurer ce genre d'arnaque sur Ebay notamment, Ebay qui par ailleurs se targue d'être le parangon de la rigueur concernant l'authenticité des objets proposés sur son site.

A ce sujet, j'ai voulu le signaler mais je ne l'ai pas fait d'abord parce qu'il est impossible d'avoir un interlocuteur chez Ebay et ensuite parce que les fiscaux ne me semblaient pas concernés.

Voici toutefois deux exemples de lots sans intérêt proposés il y a quelques mois :

Faux sans intérêt1

Faux sans intérêt

Dans ces deux cas, comme nous l'indique JF BRUN, il ne s'agit que d'une simple photocopie couleur, au coût de revient dérisoire.

Les pièces proposées sont affligeantes, il ne s'agit que d'une copie d'un ancien catalogue dans lequel les timbres, comme on le faisait alors à l'époque, ont été tout simplement dessinés car on ne disposait pas des moyens de reproduction modernes.

C'est flagrant sur un autre exemplaire du même tonneau :

Faux grossier vendu sur Ebay par Krystel7071

Ce timbre est censé être le timbre de dimension de Lille n° 12 que voici :

N° 12 Lille

On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, n'est-ce pas ?

 

Pour mieux appâter le chaland, les vendeurs usent de grossiers subterfuges et décrivent ces pitoyables falsifications comme des essais ou des épreuves. Il est permis d'en rire.

Qui peut être dupe ? Non seulement ces " vacheries " ne sont en rien des timbres mais qui plus est, elles sont imprimées sur le premier papier venu. (Encore que j'ai vu un vendeur indiquer : imprimé sur un authentique papier gommé. Sans blague !)

Des reproductions de ce genre, je vous en fais au kilo. Une imprimante couleur et c'est parti.

En veux-tu ; en voilà.

Si vous ne savez pas faire, demandez à vos enfants ou petits-enfants, ils vous en feront à la tonne.

Si vous savez être convaincants, en leur indiquant par exemple que sur une feuille il est possible de faire au minimum 20 " timbres " différents proposés à 2 € pièce, ils  vont même vous les découper (Au passage, vous avez compris qu'il est évidemment préférable d'imprimer des figurines non dentelées.)

Mais alors, car c'est bien là la question, qui achète ce genre de contrefaçons ? Et pourquoi ?

Je vous propose de faire de ces deux questions nos devoirs de vacances et vous invite à y réfléchir de votre côté.

Nous tenterons d'apporter des éléments de réponse dans un prochain billet. J'ai quelques idées sur la question, mais il va de soi que toutes les contributions seront les bienvenues.

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22 juillet 2018

Les surcharges inexplicables de Coucy-le-Château

Dans mon billet du 3 juillet, je vous disais que nous reviendrons sur d'autres surcharges des receveurs, notamment sur celles répertoriées sous les n° A-12 à A-14 au catalogue Yvert et Tellier des fiscaux 2016.

Je vous avais précédemment indiqué que la nomenclature des surcharges des receveurs reprenait peu ou prou celle du catalogue Forbin 1937. Dans ce catalogue, ces timbres A-12 à A-14 y étaient répertoriés sous les n° 40 à 42.

Les auteurs du catalogue 2016 ont fait figurer cette annotation à la suite du n° A-14 (page 60) : " Créée à Coucy-le-Château, cette surcharge est inexplicable sur les valeurs autres que A-11 ".

Voyons cela ensemble, en commençant par la surcharge A-11 que voici :

A-11

20 centimes + 5 centimes en sus, cela est parfaitement conforme au nouveau tarif ; souvenons-nous en effet que l'instruction du 25 août 1871 autorisait les comptables publics à modifier les timbres en leur possession par les mentions suivantes :

" Cinq centimes en sus " pour la quotité à 20 centimes ;

" Deux décimes en sus " pour les autres quotités.

Donc en toute logique les autres valeurs A-12 (50 centimes), A-13 (1 fr. 50) et A-14 (3 francs) auraient dû être surchargées " Deux décimes en sus " et non 5 centimes en sus comme indiqué au catalogue.

Rendons justice à l'administration de Coucy-le-Château (ou pour être plus précis à celle de Laon, circonscription administrative dont dépendait le bureau de Coucy-le-Château) , les bonnes mentions ont été surchargées sur les quotités autres que celles à 20 centimes. En voici la preuve avec cet exemplaire :

A61

Annulation du bureau 681 (Coucy-le-Château)

Le même exemplaire figure dans la collection Janton déposée au CAEF. Il est accompagné de deux autres surcharges identiques sur les timbres à 50 centimes et à 1 franc.

Ce qui nous amène à affirmer ceci :

- le n° A-12, 50 centimes brun avec surcharge " 5 centimes en sus " n'existe pas. Il s'agit en réalité du n° A-60 :

A60

N° A-60

Vous m'objecterez que le n° du bureau n'est pas lisible et qu'il faudrait donc me croire sur parole. C'est juste. Mais fort heureusement, je dispose d'une illustration (provenance collection Francis D.) qui va conforter notre propos :

A60 bis Coucy-le-Château

A-60 avec annulation du bureau 681 (Coucy-le-Château)

- le n° A-13 lui non plus n'existe pas, il s'agit en réalité du n° A-61 (illustré ci-dessus sur la valeur à 1 fr. 50)

- le n° A-14 est un mystère ; je ne l'ai jamais vu, mais on peut raisonnablement penser, si tant est qu'il existe, qu'il ne comporte pas une surcharge " 5 centimes en sus " mais celle adéquate " Deux décimes en sus ". Dans ce cas, il devrait figurer après le n° A-61. (Remarque : de la même manière nous ne connaissons pas cette surcharge sur la quotité à 2 francs).

- comme signalé supra, cette surcharge " Deux décimes en sus " existe sur le timbre vert à 1 franc. Redonnons-lui alors la place qui lui convient, juste après le n° A-60.

Pour conclure, ces surcharges ont été réalisées à Laon et utilisées par ce bureau et les bureaux environnants dont celui de Coucy-le-Château.

Voilà donc, en ce dimanche ensoleillé, ces surcharges inexplicables... expliquées. (Et ce, jusqu'à preuve du contraire !)

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19 juillet 2018

ARRAS et la bonne fée qui m'accompagne

Il y a presque 30 ans de cela, lorsque j'étais étudiant, je me suis inscrit dans un club philatélique. Je n'y suis pas resté longtemps, car les membres de cette association ne s’intéressaient pas aux fiscaux et comme je ne portais qu'un intérêt limité aux timbres-poste, je me suis vite ennuyé.

Mais je garde en mémoire une anecdote à laquelle je pense encore aujourd'hui.

Voyant mon désarroi, un des membres de l'association me dit : " Mais si, ne t'inquiète pas, tu trouveras des fiscaux, d'ailleurs, il y en a dans un carnet de circulation. Attends un instant, je vais remettre la main dessus ".

Quelques minutes plus tard, mon interlocuteur me tend obligeamment ledit carnet.

En effet, en dernière page figuraient deux fiscaux. Un timbre de la série unifiée archi courant et un autre de dimension, le n° 6B, presque aussi ordinaire. Je remarquais cependant sur ce timbre une mention 25 C maladroitement écrite. Chaque timbre était proposé à 1 franc.

Bref du tout venant.

Certes, j'aurais pu, pour faire bonne figure, prendre les deux timbres pour en quelque sorte amorcer la pompe et encourager certains membres à faire figurer à l'avenir des fiscaux dans leurs carnets de circulation.

Je ne l'ai pas fait. Pourquoi ? Allez savoir.

Quelques années passent et voilà qu'en 1994 sort le nouveau catalogue des fiscaux chez Yvert et Tellier. Je lis avec attention cet ouvrage et que vois-je reproduite en page 52, au n° A-72, tout simplement cette affreuse surcharge.

Stupéfaction !

" Ce n'est pas possible ! " me suis-je alors dit. " Ce petit fiscal oublié au bout d'un carnet de circulation, c'était donc une surcharge locale des receveurs, en l'occurrence celui d'Arras ".

Comment ai-je pu laisser passer ça ?

C'est ainsi, je débutais plus ou moins, je ne savais pas. Restons en là.

Mais vous le savez bien amis lecteurs, ce genre de situation poursuit souvent le collectionneur.

Oui, il n'est pas un collectionneur sérieux qui n'ait pas une ou plusieurs anecdotes de cet acabit, pas un philatéliste qui ait laissé passer un timbre ou un document hors du commun et qui bien des années après continue à ressasser cette distraction.

Heureusement, la bonne fée qui m'accompagne a eu pitié de moi et, hier, a mis sur ma route un autre exemplaire de ce timbre très rare (timbre non oblitéré présentant au dos des traces du bulletin de chemin de fer sur lequel il avait été apposé à l'époque). Ce timbre, le voici :

Arras164

Quant à celui qui traînait dans le carnet de circulation, j'imagine qu'il dort encore sagement au fond d'un placard. Mais qui sait ?

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15 juillet 2018

Paris Philex (14)

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Paris Philex (13)

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14 juillet 2018

Paris Philex (12)

 

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13 juillet 2018

Paris Philex (11)

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