Dans le billet du 27 mars, nous évoquions la quotité à 50 centimes de l'émission de Lille. Intéressons-nous ici aux quotités à 1 F. et 1 F. 50.

Voici un exemplaire du 1 F. provenant de la collection de G. Chalmandrier, ancien Directeur de l'Atelier du timbre :

Lille_1F

Cet exemplaire est bien connu des collectionneurs de fiscaux car c'est celui reproduit en page 15 du catalogue Yvert et Tellier 2004.

Voici ensuite un exemplaire de la valeur à 1 F. 50, toujours de la même provenance, proposé il y a quelques temps en vente sur offres :

Lille_1_F

Vous avez certainement remarqué que ces deux exemplaires ainsi que le 50 centimes présenté dans le billet du 27 mars étaient annulés par la griffe réglementaire des bureaux d'enregistrement.

Cependant, ce qui est intriguant c'est que ces annulations sont de couleur violette (couleur d'annulation non rencontrée à cette époque, les couleurs utilisées étant noire, bleue, rarement rouge et très rarement verte) et qu'elles sont toujours apposées de sorte que le numéro du bureau ne soit pas lisible.

L'association SFPF a consacré le n° 94 de son bulletin à ces timbres de Lille. Ce bulletin étant réservé aux membres de l'association, je ne peux me contenter que de la page de couverture, sur laquelle est reproduit un magnifique 1 F. sur document, pour faire une comparaison entre les " Lille " de la collection Chalmandrier et les autres.

Vous remarquerez que le " Lille " à 1 F. reproduit sur la page de couverture du bulletin est annulé par une griffe de couleur bleue avec le n° du bureau 2386 (Valenciennes A.J.) parfaitement lisible. A l'examen de toutes les figurines de l'émission de Lille que j'ai pu rencontrer, il ressort qu'aucun exemplaire, hormis ceux de la collection Chalmandrier, n'est connu avec une griffe d'annulation violette.

Au surplus, si on s'intéresse au papier, on constate aisément que le papier des timbres de Lille de la collection Chalmandrier est d'un blanc nettement plus franc que les autres " Lille " rencontrés.

Qu'en conclure ?

Au vu des éléments constatés, il n'est pas interdit de penser que G. Chalmandrier aurait pu " fabriquer " quelques timbres de Lille, à partir des empreintes à l'extraordinaire dont il disposait, pour compléter sa collection. D'ailleurs pour faire bonne mesure, il a également conservé une série neuve, la seule connue*, ce qui me semble confirmer l'hypothèse d'une fabrication personnelle.

Dans tous les cas, au vu de la cote de ces timbres au catalogue, une expertise me semble indispensable. Mais, à ma connaissance, aucun expert philatélique ne s'est encore prononcé sur ces timbres, ce qui serait pourtant plus que souhaitable et permettrait d'apporter des réponses aux interrogations que je soulève.

* On ne connaît aucun timbre de Lille à l'état neuf (tous les timbres non utilisés ayant été détruits) hormis ceux de la collection Chalmandrier